View Kamer

205 voix pour, le vice-président devient réalité


Le Parlement camerounais réuni en Congrès a adopté ce samedi 4 avril 2026 la loi instituant le poste de vice-président de la République. Le texte a recueilli 205 voix pour, 16 contre et 2 bulletins nuls. C’est le Ministre d’État Laurent Esso, Garde des Sceaux, qui a porté et défendu ce projet devant les parlementaires — non sans quelques moments de tension au cours des débats.

Un texte adopté sous la conduite de Laurent Esso

Le Ministre de la Justice Laurent Esso n’était pas seul face au Congrès. Il était assisté d’une délégation solide : le Dr Momo Jean de Dieu, Ministre délégué auprès du Ministre de la Justice, M. Dooh Jérôme Penbaga, Secrétaire d’État chargé de l’administration pénitentiaire, et le Dr François Bolvine Wakata, Ministre délégué à la Présidence chargé des relations avec les Assemblées.

Cette configuration traduit l’importance accordée par l’exécutif à ce texte. Le gouvernement a mobilisé plusieurs membres du gouvernement pour s’assurer que la loi passe dans les meilleures conditions, même si les débats ont connu, selon des sources présentes dans la salle, « quelques frayeurs » avant le vote final.

Le résultat est sans ambiguïté : avec 205 voix pour sur un total de 223 parlementaires, la réforme est adoptée à une majorité écrasante, portée essentiellement par les élus du RDPC, parti au pouvoir.

Ce que change concrètement cette loi

La loi crée un poste de vice-président nommé par le président de la République. En cas de vacance du pouvoir, c’est lui qui assumera la direction de l’État — et non plus le président du Sénat, comme le prévoyait l’ancienne Constitution.

Cette modification constitutionnelle est la plus importante depuis 2008, année où la limitation des mandats présidentiels avait été supprimée. Elle intervient dans un contexte particulier : Paul Biya, 93 ans, est le doyen des chefs d’État en exercice dans le monde. La question de la succession, longtemps taboue, est désormais encadrée institutionnellement.

Les 16 voix contre viennent notamment des rangs de l’opposition. Le SDF avait boycotté la plénière pour protester contre l’adoption du texte sans amendement en commission. D’autres voix, dont celle de Maurice Kamto, ont dénoncé un « coup d’État institutionnel ».



Source link

View Kamer

FREE
VIEW