Le Colonel Hamad Kalkaba Malboum est mort ce mercredi. Il avait 75 ans. Président du Comité National Olympique et Sportif du Cameroun depuis 2001, président de la Confédération Africaine d’Athlétisme depuis 2003, et tout récemment élu premier président de la CASOL en octobre 2024, il laisse derrière lui plus d’un demi-siècle au service du sport — d’abord sur les pistes, ensuite dans les instances.
Sprinteur, musicien, colonel, président — une vie hors du commun
Né le 11 novembre 1950 à Kawadji, près de Kousséri, à la frontière du Tchad, Hamad Kalkaba Malboum n’a pas eu une carrière. Il en a eu plusieurs.
Ancien sprinteur national sur 100 m, 200 m et longueur, il a aussi dirigé un groupe afro-funk — les Golden Sounds — entre 1974 et 1975. Officier supérieur de carrière. Puis dirigeant sportif, rôle dans lequel il s’est finalement installé pour deux décennies entières.
Il prend la tête du CNOSC en 2001. En 2003, il succède à Lamine Diack à la tête de la Confédération Africaine d’Athlétisme, poste auquel il sera réélu en janvier 2023 avec 82,86 % des suffrages — un score qui dit tout de son emprise sur le mouvement sportif continental.
Son dernier acte. En octobre 2024, il est élu premier président de l’Association des Confédérations Africaines des Sports Olympiques, la CASOL. Une institution nouvelle, une consécration tardive mais méritée pour un homme qui avait passé sa vie à construire ce que d’autres inaugurent.
Une absence qui va peser
Le sport camerounais perd rarement des figures de cette trempe. Kalkaba Malboum n’était pas seulement un administrateur influent — il était une mémoire institutionnelle, un interlocuteur respecté au CIO, à World Athletics, dans toutes les enceintes où le sport africain cherche sa place.
Pourtant, ses successeurs auront du mal à combler ce vide rapidement. La CASOL vient à peine d’être créée. La Confédération Africaine d’Athlétisme doit trouver un nouveau cap. Et le CNOSC, qu’il présidait depuis 2001, va devoir se réorganiser dans un contexte sportif camerounais déjà fragilisé par plusieurs polémiques de gouvernance.
C’est une perte qui dépasse le cadre du Cameroun. Le sport africain, souvent critiqué pour son instabilité dirigeante, vient de perdre l’un de ses rares visages de continuité.
Journaliste sportif pour 237online.com, Jean-Claude Mbida couvre l’actualité du sport camerounais et africain.

