Le Front pour le Salut National du Cameroun ne participera pas aux célébrations du 20 Mai 2026 sur l’ensemble du territoire national. Dans un communiqué officiel signé le 8 mai à Yaoundé, le parti d’Issa Tchiroma Bakary qualifie ce boycott d’acte de résistance politique, et non de simple retrait. Le ton est grave. La rupture, assumée.
Ce que dit le communiqué, mot pour mot
Le FSNC est explicite : il refuse de défiler aux côtés d’un régime qu’il considère issu d’un « hold-up électoral » du 12 octobre 2025. Le Secrétariat Général, par la voix de son secrétaire général par intérim Elh. Moussa Firissou, instruit formellement militants et sympathisants de « réserver à cette journée un caractère de recueillement et de contestation silencieuse ».
Deux arguments structurent la décision. D’abord, ce que le parti appelle un « refus de la caution morale » : défiler reviendrait, selon lui, à valider le résultat d’une élection dont il conteste la légitimité. Ensuite, « l’exigence de vérité électorale » : la victoire revendiquée par Tchiroma Bakary lors du scrutin présidentiel reste, pour le parti, une réalité non reconnue.
Le FSNC précise qu’il reste attaché à l’unité nationale, mais dans le cadre d’un État fédéral inclusif. Défiler sous la bannière d’un État unitaire décentralisé, dit-il, « revient à trahir le vote des citoyens camerounais ».
Un boycott symbolique, mais pas sans risques
Ce genre de geste politique pèse surtout dans ce qu’il dit publiquement, pas dans ce qu’il change immédiatement. Le 20 Mai se tiendra, les défilés auront lieu, et l’absence du FSNC passera probablement inaperçue pour beaucoup de Camerounais.
Pourtant, le communiqué va plus loin qu’un simple positionnement de façade. Il évoque des militants « enlevés, torturés », une jeunesse « embastillée », et une insécurité alimentaire qui frappe des millions de familles. Des accusations graves, non étayées par des chiffres dans le document publié, mais qui constituent un acte d’accusation politique direct contre le gouvernement.
On ne sait pas encore quelle suite judiciaire ou administrative ce communiqué pourrait entraîner pour le parti. La ligne entre contestation légale et sédition reste parfois mince au Cameroun.
C’est un pari risqué. Mais c’est un pari assumé.
Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l’actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l’Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s’attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu’ils soient au pays ou dans la diaspora.

