Marcel Niat Njifenji a reçu ce jeudi 14 mai 2026 ses adieux parlementaires au Palais des Congrès de Yaoundé. Députés, sénateurs et dignitaires de la République se sont réunis pour rendre un dernier hommage à l’ancien Président du Sénat, décédé il y a quelques jours. L’émotion était palpable dans un hémicycle qu’il a lui-même présidé pendant près de deux décennies.
Une cérémonie sobre, un hommage unanime
Le Palais des Congrès n’avait pas cette atmosphère depuis longtemps. Les deux chambres du Parlement réunies, les rangs serrés, les discours mesurés. Plusieurs personnalités ont pris la parole pour décrire un homme qui incarnait, selon leurs mots, la stabilité institutionnelle du pays.
Les éloges ont été nombreux. Mais au-delà du protocole, ce qui revenait dans presque chaque prise de parole, c’était l’image d’un homme de terrain autant que d’institution, quelqu’un qui savait naviguer dans les eaux agitées de la politique camerounaise sans perdre pied. Difficile à vérifier dans les détails, mais le consensus semblait sincère.
Niat Njifenji avait présidé le Sénat camerounais depuis sa création effective en 2013, occupant ce poste de numéro deux constitutionnel de l’État pendant plus de dix ans. Une longévité rare dans le paysage politique local.
Bangangté, dernière étape
Ce samedi, le corps sera porté en terre à Bangangté, sa ville natale dans la région de l’Ouest. C’est là que s’achèvera le parcours officiel d’un homme d’État qui aura traversé plusieurs époques de l’histoire camerounaise, des premières années post-indépendance jusqu’aux débats constitutionnels les plus récents.
La cérémonie de Bangangté s’annonce importante pour la région. L’Ouest perd l’une de ses voix les plus écoutées au sommet de l’État, à un moment où les équilibres politiques restent sous tension après l’élection présidentielle d’octobre 2025.
Qui pour occuper cet espace ? On ne sait pas encore.
C’est un vide difficile à combler, pas seulement sur le plan protocolaire. Niat Njifenji représentait une génération de cadres formés dans une certaine conception de l’État, faite de patience, de discrétion et de loyauté institutionnelle. Ce profil devient rare.
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.

