5/20 pour être admis au Cameroun


Le ministère des Enseignements Secondaires vient de fixer la barre. Pour l’année scolaire 2026/2027, les candidats aux concours d’entrée en 6e et en 1re année de l’enseignement technique seront admis avec une moyenne minimale de 5 sur 20. Une note officielle signée de Moussa Soule, Directeur des Examens, des Concours et de la Certification, a été transmise aux délégués régionaux, départementaux et chefs d’établissement.

Une circulaire, un chiffre, beaucoup de questions

Le document est daté du 12 mai 2026. Il est clair : aucun candidat ne peut être écarté si sa moyenne est égale ou supérieure à 5/20. Les chefs d’établissement sont instruits de publier les résultats après référé à leur délégué départemental.

C’est tout.

Pas de mention d’un plafond. Pas de critère qualitatif supplémentaire. Juste un plancher fixé au quart de la note maximale — dans un système noté sur 20.

Techniquement, un enfant qui obtient 5/20 répond juste à 25 % des questions posées. Ou un peu moins, selon les coefficients. Ce n’est pas un niveau d’entrée dans le secondaire. C’est un niveau de présence à la salle d’examen.

Le signe d’un système sous pression démographique

Il faut comprendre ce que cette décision révèle. Le Cameroun fait face à une pression démographique scolaire massive, avec des milliers de candidats pour des places limitées dans les établissements secondaires publics. Abaisser le seuil d’admission n’est pas une erreur de calcul — c’est probablement une réponse pragmatique à une réalité que le système ne peut plus absorber autrement.

Mais pragmatique ne veut pas dire sans conséquence. Des élèves admis à 5/20 entreront dans des classes où le niveau moyen est déjà fragile, avec des enseignants déjà surchargés dans des établissements sous-équipés. La logique de remplissage des effectifs ne règle pas le problème de fond — elle le déplace vers les années suivantes.

Pourtant, personne ne semble vouloir poser la vraie question : si l’on admet des enfants avec 5/20, que dit-on de la qualité de la formation qu’on leur promet ensuite ?

Alain-Claude Ndom

Alain-Claude Ndom

Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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