À Akwa, en plein cœur de Douala, Alexander Bovalis occupe depuis des années un immeuble appartenant à la famille Mpondo — sans bail, sans loyer, sans autorisation. La justice camerounaise a ordonné son expulsion. Il refuse de partir. Son cousin Hercules Makanakis occupe même l’étage supérieur pendant que Bovalis se trouve en Grèce. Une arrogance qui choque autant qu’elle indigne.
Fils d’un locataire, maître des lieux malgré le tribunal
L’histoire commence avec Bovalis père, locataire commercial de Siporah et Nicolas Mpondo pour l’exploitation d’un salon de thé-restaurant baptisé « Les Délices », situé non loin de l’hôtel Akwa Palace. L’établissement avait bonne réputation. Les deux familles coexistaient sous un contrat clair.
Les parents sont morts. Des deux côtés.
Alexander Bovalis, fils du locataire, a repris les lieux — sans renégocier de bail, sans verser de loyer. Depuis, selon les héritiers Mpondo, les locaux se sont dégradés progressivement. Pire : la famille affirme que des dégradations volontaires auraient été commises pour rendre la réhabilitation plus difficile et coûteuse.
Le tribunal a tranché en faveur des propriétaires. Une décision de justice ordonne l’expulsion. Depuis vingt ans, Bovalis multiplie les recours, les manœuvres procédurales, les astuces avec son avocat pour bloquer l’exécution. Et pendant qu’il gère ses affaires depuis la Grèce, son cousin occupe physiquement les lieux.
C’est du mépris. Rien d’autre.
Le vrai problème — il croit que la justice camerounaise ne compte pas
La famille Mpondo veut récupérer un immeuble qui lui appartient, le rénover, le louer dans un quartier où chaque mètre carré a de la valeur. Akwa reste l’un des secteurs commerciaux les plus actifs de Douala. Ce n’est pas une demande extraordinaire. C’est un droit.
Mais Alexander Bovalis — blanc, étranger, avec un avocat bien rodé aux délais — semble convaincu que le temps joue pour lui. Que la justice camerounaise peut être contournée indéfiniment. Que les propriétaires finiront par se lasser. Ce calcul a un nom : le colonialisme ordinaire. Celui qui ne dit pas son nom mais qui agit comme si certaines règles ne s’appliquaient pas à tout le monde de la même façon.
Pourtant, la décision est rendue. Elle est claire. Il reste à l’exécuter.
La famille Mpondo a choisi la voie publique pour accélérer les choses. C’est légitime — et compréhensible, quand vingt ans de procédures n’ont pas suffi à récupérer ce qui vous appartient légalement. La balle est maintenant dans le camp des autorités compétentes pour faire respecter ce qui a été jugé.
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.

