Le général de division Philippe Mpay est mort dans la nuit du 8 au 9 mai 2026 à l’hôpital militaire de Yaoundé. Il avait 87 ans. Selon des sources concordantes, sa mort serait liée aux suites d’un grave accident de circulation survenu le 10 juillet 2025 sur la route de Garoua. L’armée camerounaise perd l’un de ses officiers les plus respectés.
Une carrière de plus de six décennies au service de l’État
Né en 1939 à Nguibassa, dans le Nyong-et-Kellé, Philippe Mpay a consacré l’essentiel de sa vie aux Forces armées camerounaises. Formé à Saint-Cyr puis à l’École Supérieure de Guerre de Paris, il gravit les échelons avec méthode. Général de brigade le 5 février 1993, général de division le 25 septembre 2001.
Son nom reste surtout associé au Commandement opérationnel de Douala, mis en place en 2000 pour lutter contre la grande criminalité et les coupeurs de route. Une mission dure, dans une ville alors secouée par un banditisme structuré. Le surnom qui lui colle encore — « Man Badjob » — dit quelque chose sur la manière dont il a exercé cette responsabilité.
Jusqu’à sa disparition, il était commandant des écoles et centres d’instruction, et assesseur suppléant auprès des chambres militaires des cours d’appel à travers le pays. Discret, peu exposé médiatiquement, il continuait de transmettre à de jeunes officiers ce qu’il avait appris en plusieurs décennies de terrain.
L’accident du 10 juillet 2025 avait failli l’emporter une première fois. Parti de Nsimalen, son véhicule avait été violemment percuté en route vers Garoua. Traumatisme thoracique, fractures aux côtes, lésions à la hanche et au genou gauche. Son passager, le colonel Albane Mbom, avait lui subi une fracture grave de l’humérus. Le général s’en était sorti. Dix mois plus tard, les complications ont eu raison de lui.
Une disparition dans une séquence de deuils institutionnels
Mpay s’en va quelques jours après Marcel Niat Njifenji et Cavayé Yéguié Djibril. Trois figures majeures de l’État camerounais en quelques semaines. C’est une génération entière qui s’efface — celle qui a tenu les institutions depuis les années 1990.
Pourtant, aucun deuil national n’a été décrété. Aucune parole publique du président de la République n’a été entendue pour l’une ou l’autre de ces disparitions. Le contraste est frappant entre l’ampleur des parcours et la discrétion des réactions officielles.
Le général Philippe Mpay laisse derrière lui des centaines d’officiers formés, une réputation intacte dans les milieux militaires, et une carrière que peu peuvent revendiquer à ce niveau d’engagement.
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.



