(Investir au Cameroun) – Dans un rapport intitulé « le conflit iranien et l’économie camerounaise : analyse des canaux de transmission d’un choc géopolitique sur les économies de la Cemac et du Cameroun», le ministère des Finances (Minfi) formule deux recommandations majeures : la réhabilitation de la Société nationale de raffinage (Sonara) – les équipements de cette raffinerie de pétrole ont été ravagés par un incendie depuis le mois de mai 2019 – ou alors la construction d’une nouvelle raffinerie de pétrole brut ; et la construction d’une usine de production des engrais dans le pays.
En effet, selon le ministère des Finances, le conflit en cours entre les Etats-Unis et l’Iran est porteur de conséquences économiques auxquelles le Cameroun n’échappe pas : perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales, flambée des cours des hydrocarbures et des engrais. Afin d’éviter d’être exposé à ce type de choc exogène à l’avenir, suggère le Minfi, le Cameroun devrait, sur le moyen terme, se doter de ses propres infrastructures de production. A ce sujet, certains projets sont annoncés depuis une dizaine d’années, voire plus, mais ne sont toujours pas concrétisés à ce jour.
C’est le cas de la réhabilitation de la Sonara, dont le démarrage des travaux de réhabilitation sont annoncés presque chaque année depuis l’incendie de 2019. Au cours d’un conseil d’administration tenu le 23 décembre 2025 à Yaoundé, les administrateurs de cette entreprise publique ont arrêté à 291,9 milliards FCFA le budget Plan d’Accélération des mesures de Restructuration et de Réhabilitation pour la reprise du raffinage sous 24 mois (Parras 24). Sa mise en oeuvre reste attendue.
En attendant, une lueur d’espoir pourrait venir d’une autre entreprise : Cstar Petroleum. En effet, le 17 juillet 2025, cette société de projet portée par la Société nationale des hydrocarbures (SNH), Tradex et Ariana Energy, ont officiellement lancé à Kribi les travaux de construction d’une raffinerie de brut d’une capacité de 30 000 barils par jour à partir de 2027, et d’un terminal de stockage de carburants d’environ 250 000 m³ extensible à 300 000 m³. De sources autorisées, Cstar s’est même doté d’un calendrier de « production anticipée » qui permettra de produire 10 000 barils par jour dès le second semestre 2026, pour permettre de couvrir environ 22% de la demande nationale en diesel et en essence.
En ce qui concerne la production locale de l’engrais, de nombreux projets sont attendus au Cameroun depuis plus de 10 ans. Il en est ainsi de l’unité de production de la société allemande Ferrostaal, annoncée depuis plus de 10 ans à Limbé, dans la région du Sud-Ouest du Cameroun ; des projets annoncés par la société Vision Global, qui ambitionne de construire deux usines d’engrais chimiques et organiques dans les villes de Limbé et de Yaoundé ; et du projet gouvernemental de construction d’une usine à Douala, annoncé en 2023 à l’Assemblée nationale par le ministre de l’Industrie par intérim, Fuh Calistus Gentry.
BRM
Lire aussi:



