(Investir au Cameroun) – En visite officielle en Chine, le maire de Douala, Roger Mbassa Ndinè, a signé, le 28 avril 2026, un protocole d’accord avec Huawei autour de la modernisation numérique de la capitale économique camerounaise. L’accord s’inscrit dans l’ambition de la Communauté urbaine de Douala de renforcer ses outils de gestion urbaine et de faire évoluer la ville vers un modèle de “Smart City”.
À ce stade, les détails financiers, le calendrier d’exécution et les modalités contractuelles n’ont pas été rendus publics. Le protocole doit donc être distingué d’un marché attribué ou d’un programme déjà financé. Il fixe plutôt un cadre de coopération entre la CUD et le groupe chinois sur plusieurs chantiers numériques.
Selon une source proche du dossier, les axes envisagés concernent notamment la vidéosurveillance urbaine, la gestion intelligente du trafic, la modernisation du système informatique municipal, la numérisation des dossiers fonciers, l’extension de la fibre optique municipale et la gestion à distance de l’éclairage public.
L’un des volets porterait sur l’équipement du centre de veille urbaine en outils de supervision et de vidéosurveillance, afin d’appuyer l’action de la police municipale contre le désordre urbain. Un autre axe viserait le déploiement de capteurs et de systèmes de suivi du trafic sur certains axes majeurs, dans une ville régulièrement confrontée à la congestion.
Le volet foncier constitue également un enjeu central. Le projet prévoit la digitalisation de 200 000 dossiers fonciers et l’introduction d’un certificat de possession numérique. L’objectif affiché est de mieux sécuriser les droits fonciers et de faciliter l’accès aux données administratives. Mais ce chantier devra préciser le statut juridique de ces certificats, les autorités compétentes pour les valider, ainsi que les garanties de protection des données personnelles.
Le protocole prévoit aussi un renforcement des infrastructures numériques municipales. Huawei pourrait accompagner l’extension du réseau de fibre optique reliant les bâtiments administratifs et certains sites stratégiques de la ville. Des solutions de pilotage à distance de l’éclairage public sont également envisagées, avec l’objectif de réduire la consommation énergétique et d’améliorer la maintenance.
Au-delà des équipements, l’accord comporte un volet formation. Huawei devrait former des ingénieurs et cadres de la CUD à la gestion des infrastructures numériques, notamment à travers son programme Huawei ICT Academy. La collectivité, de son côté, jouerait un rôle de facilitateur institutionnel et d’intégrateur des solutions retenues.
Pour Douala, l’enjeu dépasse la seule acquisition d’outils technologiques. La réussite du projet dépendra de la transparence des conventions qui suivront le protocole d’accord, du financement retenu, de la capacité de maintenance locale, de la protection des données et de l’articulation entre innovation numérique et services urbains concrets.
Dans une métropole confrontée à la pression démographique, aux embouteillages, à la pression foncière et aux besoins d’amélioration des services publics, le numérique peut devenir un levier de gestion urbaine. Mais le protocole CUD-Huawei ne produira des effets mesurables que s’il débouche sur des projets financés, juridiquement encadrés et évaluables par les usagers.
Frédéric Nonos



