Georges Massing est vice-président chez Mercedes-Benz AG. Cet ingénieur camerounais, diplômé de l’Université Technologique de Berlin en ingénierie aérospatiale, supervise aujourd’hui trois chantiers technologiques majeurs du constructeur allemand : le système d’exploitation MB.OS, la conduite automatisée et l’architecture électrique et électronique des véhicules. Un parcours qui fait parler au Cameroun et bien au-delà.
De Berlin aux sommets de l’automobile mondiale
Georges Massing ne s’est pas trompé de porte. Formé à la TU Berlin — l’une des universités d’ingénierie les plus exigeantes d’Europe — il choisit l’aéronautique, puis transpose cette rigueur dans l’univers de l’automobile de luxe. La transition n’est pas anodine : les deux secteurs partagent les mêmes exigences de fiabilité, de précision et de gestion de systèmes complexes.
Chez Mercedes-Benz, son périmètre de responsabilité est vaste. Il pilote le développement du MB.OS, le cerveau logiciel qui équipera les futurs véhicules de la marque. Il supervise les technologies de conduite autonome, un domaine où les géants de l’industrie s’affrontent à coups de milliards. Et il chapeaute l’intégration électrique et électronique — c’est-à-dire tout ce qui permet à une voiture moderne de ressembler davantage à un ordinateur qu’à un simple engin mécanique.
Ce que son parcours dit au Cameroun
Le nom de Georges Massing circule depuis quelques jours sur les réseaux sociaux camerounais. Et la réaction est compréhensible. Dans un pays où la fuite des cerveaux est une réalité documentée depuis des décennies, voir un compatriote atteindre ce niveau dans l’une des entreprises les plus puissantes d’Allemagne — un groupe qui emploie plus de 150 000 personnes dans le monde — ça compte.
Mais ce qui frappe davantage, c’est le domaine. L’intelligence artificielle appliquée à la conduite, les systèmes électriques nouvelle génération, les plateformes logicielles embarquées : Massing n’est pas dans un secteur périphérique. Il est au cœur de la transformation qui redéfinit l’industrie automobile mondiale.
Pour la jeunesse camerounaise formée en ingénierie, en informatique ou en sciences, son parcours envoie un message simple : les positions de décision dans les grandes entreprises technologiques mondiales ne sont pas réservées à d’autres.
C’est un poste de décision réelle, pas honorifique.
Sa maîtrise de la mécatronique — ce croisement entre mécanique, électronique et informatique embarquée — lui permet de naviguer entre les équipes d’ingénierie avancée, les services connectés et la stratégie technologique globale du groupe. Peu de dirigeants ont ce profil aussi complet.
Journaliste international pour 237online.com, Rodrigue Batag décrypte l’actualité mondiale avec un regard ancré dans les réalités africaines et camerounaises.



