Ipuni Max Albert Stéphane Mbody est le nouveau régisseur de la Prison centrale de Yaoundé-Kondengui. Il a été officiellement installé ce 24 avril 2026, à 37 ans, à la tête de l’un des établissements pénitentiaires les plus chargés — et les plus surveillés — du Cameroun. Un profil technique, une carrière construite de l’intérieur, et un chantier immense qui l’attend.
Un homme formé dans la maison
Ipuni Mbody n’arrive pas de nulle part. Il intègre l’École nationale d’administration pénitentiaire (ENAP) en 2014, et ses premiers pas professionnels se font à Kondengui même — comme chef du service administratif et financier. Il connaît les murs. Il connaît les contraintes.
En 2019, il est nommé régisseur de la prison principale de Mbalmayo. Terrain difficile, profil exigeant. C’est là qu’il construit sa réputation : discipline, organisation, gestion des tensions internes. Pas un administrateur de bureau — un homme de terrain.
La suite est logique. Il rejoint la prison principale de Yaoundé comme régisseur, consolide son expérience, et monte en grade jusqu’à être promu administrateur principal des prisons. Une progression rapide. Maîtrisée.
À 37 ans, il revient à Kondengui. Cette fois à la tête.
Kondengui, un défi qui ne pardonne pas
La Prison centrale de Yaoundé-Kondengui, c’est autre chose. Surpopulation carcérale chronique, profils détenus très variés — du droit commun aux personnalités politiques —, pression médiatique permanente et attentes fortes sur les conditions de détention. Le poste est exposé comme peu d’autres dans l’administration pénitentiaire camerounaise.
Pourtant, c’est précisément ce profil de pression qu’Ipuni Mbody semble avoir été formé à gérer. Ceux qui l’ont côtoyé à Mbalmayo et à la prison principale de Yaoundé évoquent un homme rigoureux mais humain, disponible, capable de tenir un équilibre délicat entre fermeté et dialogue.
Mais les qualités personnelles ne suffisent pas toujours. Kondengui a résisté à plusieurs réformes. Les problèmes structurels — surpopulation, infrastructures vieillissantes, manque de moyens — dépassent souvent la bonne volonté des régisseurs successifs.
C’est là que se jouera vraiment la nomination du 24 avril 2026.
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.



