Duval Lebel Ebale, journaliste et militant RDPC, a été arrêté par la Police Judiciaire et placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de Kondengui. Il est accusé d’escroquerie portant sur 80 millions de francs CFA dans le cadre d’une transaction immobilière frauduleuse remontant à 2016. Une affaire qui éclabousse bien au-delà d’un seul homme.
Une fraude immobilière de plusieurs années
Tout commence en 2016. Duval Lebel Ebale est accusé d’avoir vendu un bien immobilier à un compatriote en s’appuyant sur des documents falsifiés. La victime, réalisant l’arnaque, dépose une plainte formelle en 2021 contre le journaliste et son complice présumé, Albert Jean Jacques Eko’o Angue.
Malgré la gravité des faits, Ebale parvient à échapper à la justice pendant plusieurs années. Sa cavale prend fin jeudi dernier lorsque les éléments de la Police Judiciaire mettent finalement la main sur lui. Son co-accusé avait déjà été interpellé le 25 mars dernier, ouvrant la voie à cette arrestation.
Le journaliste est désormais écroué à Kondengui, la prison centrale de Yaoundé, et devra répondre devant les tribunaux de faits d’escroquerie en co-action.
Un réseau qui dépasse le duo
Ce qui rend cette affaire particulièrement grave, c’est son ampleur. Les investigations révèlent que la fraude ne se limitait pas à deux individus. Un notaire est indexé dans le dossier pour avoir facilité l’obtention d’un titre foncier illégal — un titre qui a depuis été officiellement annulé par les autorités administratives.
Ce réseau impliquant des complicités au sein de professions réglementées pose une question sérieuse : comment de telles transactions peuvent-elles prospérer aussi longtemps sans être stoppées ?
L’affaire Duval Ebale s’inscrit dans un contexte plus large de fraude foncière au Cameroun, où les faux titres fonciers et les ventes de terrains sur la base de documents trafiqués représentent un fléau persistant. Les victimes, souvent des particuliers peu avertis, se retrouvent dépossédées de sommes considérables sans recours immédiat.
La chute de cette figure médiatique et politique illustre que l’appartenance à un parti au pouvoir ou la notoriété dans le milieu de la communication ne constitue plus un bouclier suffisant face à la justice.
L’affaire est désormais entre les mains des tribunaux camerounais. Au-delà du sort de Duval Lebel Ebale, c’est tout le système de sécurisation des transactions immobilières qui est une nouvelle fois mis en cause. Les résultats des investigations sur les complicités identifiées — notamment celle du notaire — seront déterminants pour mesurer la portée réelle de ce dossier.
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.



