Jean Pierre Biyiti bi Essam est décédé ce 22 avril 2026. L’information, rapportée par plusieurs sources proches de sa famille, n’a pas encore fait l’objet d’un communiqué officiel du gouvernement camerounais. Il avait 76 ans. Journaliste de formation, ancien ministre des Postes et Télécommunications, puis ambassadeur du Cameroun en Israël de 2018 à février 2026, il laisse derrière lui une carrière longue, dense, et pas sans controverses.
Un parcours au sommet de l’État camerounais
Né le 20 juillet 1949 à Mvoula, près d’Ebolowa, Biyiti bi Essam a débuté sa carrière dans la presse écrite, formé à l’École supérieure de journalisme de Yaoundé. Il rejoint Cameroon Tribune, puis la CRTV où il dirige le service de l’information au début des années 1990.
La bascule vers l’administration est progressive. Conseiller technique, chargé de missions à la présidence, secrétaire général au ministère des Postes : il gravit les échelons sans bruit. En 2009, Paul Biya le nomme ministre des Postes et Télécommunications. Il occupera ce poste jusqu’en 2015, remplacé par Minette Libom Li Likeng.
Puis vient Israël. Par décret présidentiel n°2018/347 du 31 mai 2018, il est nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire à Tel-Aviv. Un poste stratégique — la coopération sécuritaire entre le Cameroun et Israël est réelle, profonde, même si discrète. Il y reste jusqu’en février 2026, remplacé par Ndifontah Buma Nyamndi.
Il était aussi auteur. En 2004, il publie Cameroun : complots et bruits de bottes aux éditions L’Harmattan Cameroun, 120 pages sur les turbulences politiques du pays.
L’ombre du scandale de 2009
Biyiti bi Essam ne quitte pas la scène sans qu’on évoque cette affaire. En 2009, alors ministre de la Communication, il est accusé d’avoir déposé 130 millions de FCFA sur son compte personnel — des fonds destinés à couvrir médiatiquement la visite du pape Benoît XVI au Cameroun, première étape d’un voyage apostolique qui devait se poursuivre en Angola.
L’affaire fait du bruit. Mais sa carrière, elle, continue.
Aucune condamnation n’est venue clore ce dossier publiquement. Et c’est précisément ce silence judiciaire qui a marqué les esprits autant que l’accusation elle-même. Pour beaucoup d’observateurs camerounais, ce cas résume quelque chose de plus large : la distance entre la mise en cause et la sanction, quand on appartient au bon cercle.
Pourtant, l’homme laisse aussi derrière lui une carrière intellectuelle réelle — trois doctorats, des fonctions techniques au sommet de l’État, une présence dans les débats sur le numérique camerounais.
C’est ce mélange-là qui définit sa trajectoire.
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