Ce mardi 21 avril 2025, un hélicoptère de l’ONG américaine SIL International s’est posé dans la cour de l’Hôpital Général de Yaoundé. Pas pour une urgence, mais pour une formation historique. L’institution prépare activement son personnel à recevoir et transférer des patients par voie aérienne — une première dans la médecine d’urgence camerounaise.
Une formation avant la machine
La scène a surpris tout le monde. Badauds, riverains, familles de patients — tous ont sorti leurs téléphones en voyant l’appareil se poser sur l’héliport de l’HGY. Pourtant, cet héliport existe depuis un moment. Ce qui manquait, c’était la formation du personnel pour l’utiliser correctement.
La direction générale a fait un choix clair : former les hommes avant d’acquérir l’hélicoptère médicalisé. Frédéric Moutome, directeur de la communication de l’HGY, l’explique simplement : « On va avoir un outil. Il va falloir également avoir les hommes qui utilisent cet outil et qui savent comment procéder lorsqu’on l’a. »
C’est dans cette logique que s’est tenue la session de formation destinée au personnel médical et infirmier, axée sur la réception et le transfert de patients héliportés. Handy Eone Daniel, directeur de la formation et de la coopération, a posé le cadre dès l’ouverture : « Le transport héliporté n’est pas comme un transport par ambulance. Il y a des règles de sécurité — pour le patient, pour les accompagnants, et même pour le personnel aux alentours. »
Il a précisé que cette première session s’inscrit dans un cycle : deux à trois formations sont prévues sur l’année pour couvrir l’ensemble du personnel concerné.
Un signal fort pour la médecine d’urgence au Cameroun
L’émotion était visible sur le terrain. Stéphane Gauthier, responsable des urgences chirurgicales et spécialités, n’a pas dissimulé sa réaction : « C’est impressionnant de voir une telle chose à l’Hôpital Général de Yaoundé. Avoir un hélicoptère au sein de l’hôpital, c’est quelque chose d’époustouflant. Nous sommes déjà en chemin pour le modernisme. »
Ce projet s’inscrit dans une ambition plus large. Faire de l’HGY un centre d’urgence héliporté pleinement opérationnel permettrait de réduire drastiquement les délais de prise en charge pour les cas critiques — accidents graves, transferts inter-hospitaliers, urgences en zones difficiles d’accès. Dans un pays où les distances et l’état des routes coûtent encore des vies, cette capacité pourrait changer la donne.
L’hélicoptère n’appartient pas encore à l’hôpital. Mais le personnel, lui, sera prêt.
La démarche de l’HGY illustre une méthode sérieuse : anticiper, former, puis équiper. Si l’acquisition de l’appareil médicalisé suit dans les délais annoncés, Yaoundé pourrait bientôt disposer d’un véritable service d’évacuation aérienne médicale — une révolution pour les urgences au Cameroun.



