Le recteur de l’Université Catholique d’Afrique Centrale (UCAC) n’a pas laissé passer l’occasion. Lors de la visite historique du pape Léon XIV à Yaoundé, il a directement interpellé le souverain pontife avec une requête précise : intercéder auprès du président Paul Biya pour permettre l’ouverture d’une faculté de médecine au sein de l’institution. Un plaidoyer qui résonne fort dans un pays où la formation médicale reste insuffisante face aux besoins.
Un appel direct au cœur de la visite papale
Le message du recteur de l’UCAC était sans détour. L’université catholique, reconnue pour la qualité de son enseignement en droit, théologie et sciences sociales, veut franchir un cap : former des médecins camerounais dans un cadre académique rigoureux et ancré dans les valeurs chrétiennes.
Pour y parvenir, il faut l’aval des autorités de l’État. Et qui mieux que le pape, reçu en grande pompe à Yaoundé, pour porter ce message auprès du chef de l’État ?
Le Cameroun compte aujourd’hui moins d’un médecin pour 10 000 habitants dans plusieurs régions — un ratio bien en dessous des recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé. Le déficit de personnels de santé formés localement est une réalité documentée, qui pèse directement sur l’accès aux soins des populations, aussi bien en ville qu’en zone rurale.
Un projet qui dépasse l’UCAC
La création d’une faculté de médecine à l’UCAC s’inscrirait dans une dynamique plus large. Plusieurs universités privées camerounaises cherchent depuis des années à développer des filières médicales pour réduire la dépendance aux formations à l’étranger, souvent inaccessibles financièrement pour la majorité des familles.
Si le Saint-Père n’a pas encore répondu officiellement à cette sollicitation, le simple fait qu’elle ait été formulée publiquement, devant les caméras et dans le contexte d’une visite apostolique très suivie, lui donne une résonance nationale.
Pour l’UCAC, cette démarche est aussi un signal envoyé aux pouvoirs publics : l’Église catholique est prête à investir dans la santé publique camerounaise. La balle est désormais dans le camp de l’État.



