Douala, poumon économique du Cameroun, s’est retrouvée une fois de plus plongée dans le noir. En cause : des travaux mal maîtrisés de la SONATREL qui ont provoqué l’arrêt total de la station de production d’eau de Yato, selon un communiqué officiel de la Camwater. Résultat : des quartiers entiers privés à la fois d’électricité et d’eau potable. En 2026, après des centaines de milliards de FCFA investis dans le secteur.
Une coupure, une métropole paralysée
Les faits sont simples — et c’est justement là que le bât blesse. Des travaux conduits par la SONATREL sur le réseau de transport électrique ont entraîné une défaillance en cascade. La station de Yato, qui alimente une partie significative du réseau d’eau de Douala, s’est arrêtée. Des milliers de ménages, des commerces, des entreprises, des services publics — tous à genoux pour cause d’une seule opération technique mal planifiée.
Ce n’est pas un incident isolé. C’est un schéma qui se répète. La SONATREL, créée précisément pour moderniser le transport d’électricité et mettre fin aux délestages à répétition, est aujourd’hui incapable d’assurer la continuité minimale du service. Même des entreprises paraétatiques comme la Camwater en subissent les conséquences directes.
La question s’impose : après des centaines de milliards de FCFA mobilisés pour la réforme du secteur énergétique, comment une seule coupure peut-elle encore paralyser la première ville du pays ?
Une crise de gouvernance, pas un simple bug technique
Le timing rend la situation encore plus embarrassante. À quelques semaines de la visite du pape Léon XIV à Yaoundé — un événement mondial — le Cameroun expose au grand jour l’état réel de ses infrastructures de base. L’électricité n’est pas un luxe. C’est un service essentiel. Une question de souveraineté.
La SONATREL avait été présentée comme la solution miracle. Des discours, des plateaux TV, des promesses de modernisation du réseau. Aujourd’hui, le bilan est accablant : soit elle ne maîtrise pas son propre réseau, soit elle manque cruellement d’anticipation, soit elle échoue dans sa mission première. Dans tous les cas, le résultat est le même pour les populations de Bonanjo, de Makepe, de Bepanda et d’ailleurs.
Les ménages suffoquent. Les entreprises ralentissent. Et personne ne rend de comptes.
Douala dans le noir, c’est un symbole fort. Celui d’un système qui craque. La SONATREL doit des explications claires aux Camerounais — pas des communiqués techniques incompréhensibles, mais un plan d’action concret et des responsabilités assumées. Car ce qui se passe à Douala dépasse largement un incident de réseau. C’est une crise de gouvernance. Et elle est inacceptable.



