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Mota répond à Owona sur la vice-présidence


Le débat sur la vice-présidence nommée au Cameroun prend de l’ampleur. Après la sortie du ministre Grégoire Owona défendant la révision constitutionnelle du 2 avril 2026, c’est le vice-président du MRC, Mamadou Mota, qui monte au créneau. Sa réponse, publiée cette semaine, est cinglante — et elle ne laisse aucune ambiguïté sur ce que l’opposition pense de cette réforme.

« De la monarchie élective au petit pied »

Mamadou Mota ne prend pas de gants. Face à Owona qui défendait la nomination du vice-président par le chef de l’État au nom de la « sérénité » et de la « confiance », le cadre du MRC répond avec une formule qui restera : « Ce n’est pas de la sérénité, c’est de la monarchie élective au petit pied. »

Pour lui, l’argument du ministre est bâti sur une mémoire sélective. Owona rappelait que Maurice Kamto, comme beaucoup d’autres, avait applaudi en 1982 quand Biya avait succédé à Ahidjo par décret. Mota retourne l’argument : « C’était il y a quarante-quatre ans. Le propre des grands esprits est de savoir évoluer. »

Sur le fond, Mota est catégorique. Dans une République, dit-il, la légitimité au sommet de l’État ne se transmet pas par tampon de secrétariat général. Elle vient du suffrage universel — et rien d’autre.

Un échange qui révèle les fractures du débat constitutionnel

La passe d’armes entre Mota et Owona illustre l’intensité du débat qui secoue Yaoundé depuis le vote de la révision constitutionnelle. D’un côté, le RDPC présente la réforme comme un gage de stabilité et de continuité institutionnelle. De l’autre, l’opposition y voit une mécanique de succession verrouillée, taillée pour perpétuer le système en place.

Owona avait notamment attaqué Kamto sur son « nomadisme politique », l’accusant de circuler entre partis — SDF, RDPC, MRC, MANIDEM — sans jamais remporter une seule élection. Mota juge cette attaque « savoureuse » venant d’un parti qui, selon lui, « a absorbé et digéré tant de courants au nom de la mangeoire nationale ».

Le chiffre 7 ans — durée du mandat présidentiel que le vice-président nommé serait amené à terminer en cas d’indisponibilité — est au cœur de toutes les tensions. Pour l’opposition, c’est précisément ce scénario qui rend la nomination par décret inacceptable dans une démocratie moderne.

Le débat sur la vice-présidence camerounaise est loin d’être clos. Avec des échanges aussi vifs entre cadres politiques, la question de la succession au sommet de l’État s’impose désormais comme le sujet politique de l’année 2026. Le Parlement aura le dernier mot — mais l’opinion, elle, est déjà dans la rue des idées.



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