Le gouvernement gabonais hausse le ton. Le ministère de la Communication et des Médias a publié ce mercredi 8 avril 2026 un communiqué officiel mettant en garde contre l’utilisation de l’intelligence artificielle pour produire des contenus jugés irrespectueux envers les hautes autorités de l’État. Une décision qui divise déjà l’opinion publique gabonaise.
Ce que dit le communiqué
Le ministère pointe la prolifération de vidéos, images et audios générés par IA, circulant massivement sur les réseaux sociaux et mettant en scène de façon dégradante les plus hautes figures de l’État.
Le ton est sans ambiguïté : les auteurs de ces contenus s’exposent désormais à des poursuites judiciaires. Le gouvernement entend appliquer le cadre légal gabonais sur la cybercriminalité et la diffamation, sans complaisance.
À Libreville comme dans les autres villes du pays, ces contenus IA — souvent humoristiques, parfois franchement offensants — font le tour des groupes WhatsApp et des pages Facebook en quelques heures. Le phénomène est devenu difficile à ignorer pour les autorités.
Une décision qui ne passe pas chez tous les Gabonais
La réaction des internautes ne s’est pas fait attendre. Les avis sont tranchés.
Certains soutiennent la démarche. D’autres la jugent déplacée, voire dangereuse pour la liberté d’expression.
Hermann Ngueundap Emou ne cache pas son agacement : « Lorsqu’on a des équipes paresseuses et médiocres, on ne s’attend qu’à des intimidations. Le monde évolue et le Gabon ne saurait rester à la traîne. »
Destin Flero, lui, rappelle les priorités : « Les Gabonais ont des problèmes plus importants à gérer. Il faut laisser ça, c’est pas pour ça qu’on a pris le pouvoir. »
Plus sévère, Mahamat Abdelmounime lâche : « Un dictateur débarque. Ce type a un problème avec les réseaux sociaux. »
Le contexte est important. Depuis le coup d’État d’août 2023 qui a renversé Ali Bongo, le général Brice Oligui Nguema dirige le pays. Depuis cette période, les autorités semblent particulièrement attentives à leur image. La question de la liberté numérique devient alors un terrain glissant.



