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Moadambe toujours caché, le malaise grandit


Pendant que la capture de Tchaga Nana — accusé d’avoir tué sa nièce d’1 an à Ndogpassi 3 — était largement relayée, une question monte sur les réseaux sociaux camerounais : pourquoi Moadambe, mis en cause dans la mort de la petite Divine, reste-t-il invisible depuis son arrestation ? Cette interrogation, portée par de nombreux internautes, soulève un débat sensible sur l’équité de la justice et le traitement médiatique des affaires criminelles au Cameroun.

Deux affaires, deux traitements très différents

Tchaga Nana arrêté à la frontière de Kye-Ossi : présenté, photographié, transféré sous escorte médiatique. L’information a circulé en quelques heures.

Moadambe, accusé d’avoir tué la petite Divine : arrêté, placé en cellule dans un commissariat — et depuis, silence total. Plus d’une semaine s’est écoulée sans qu’aucune présentation officielle ne soit faite, sans image, sans communiqué des autorités compétentes.

C’est ce contraste qui choque. Sur les réseaux sociaux, des Camerounais posent directement la question : cette différence de traitement est-elle due à l’origine ethnique des suspects ? Certains vont plus loin et affirment que Moadambe bénéficierait de protections en raison de liens familiaux supposés avec des personnalités bien placées.

Ces accusations de tribalisme au sein des forces de l’ordre sont graves. Elles ne peuvent pas être balayées d’un revers de main, surtout dans un pays où la cohésion nationale est régulièrement mise à l’épreuve.

Une défiance qui dépasse les deux affaires

Ce débat touche à quelque chose de plus profond. Quand la justice semble s’appliquer différemment selon l’origine d’un suspect, c’est toute la confiance dans les institutions qui s’érode.

Des mineurs d’origines diverses ont été envoyés à New Bell et Kondengui sans jugement, accusés de déstabilisation. Pendant ce temps, un homme accusé de meurtre sur une enfant dormirait tranquillement en cellule sans être inquiété publiquement. Si ces faits sont avérés, le problème est structurel.

La lutte contre la criminalité ne peut pas avoir deux vitesses. Elle ne peut pas dépendre du nom de famille du suspect, de sa région d’origine, ou des relations de son frère. Ce serait trahir les victimes — toutes les victimes, quelle que soit leur ethnie.



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