Ce 3 avril 2026 à Yaoundé, Joshua Osih, Président national du Social Democratic Front (SDF), a tenu une conférence de presse pour dénoncer les conditions d’adoption du projet de révision constitutionnelle au Congrès du Parlement. Pour lui, le processus est non seulement précipité, mais dangereux pour la démocratie camerounaise.
Moins de deux heures pour modifier la Constitution
Le chiffre a de quoi faire réagir : les membres de la Commission spéciale du Congrès n’ont disposé que de moins de deux heures pour examiner un texte qui engage l’avenir institutionnel du pays et ses 30 millions de citoyens. Aucun amendement proposé par l’opposition n’a été retenu.
Joshua Osih ne mâche pas ses mots : « Le pouvoir ne se donne pas entre amis, il se reçoit du Peuple. » Pour le SDF, le texte adopté organise en réalité une succession présidentielle sous contrôle, et non une alternance démocratique.
Le point central de la controverse : la création d’un poste de Vice-Président. Dans le texte adopté, ce Vice-Président est nommé par le Président de la République — et révocable à sa seule discrétion. Pour l’opposition, c’est une contradiction directe avec l’article 5, alinéa 2 de la Constitution, qui stipule que « le Président de la République est élu par la Nation tout entière et incarne l’unité nationale ».
La proposition du SDF : élection directe et ticket mixte
Face à ce qu’il qualifie d’occasion historique manquée, Joshua Osih a défendu un amendement rejeté par la majorité parlementaire. Le SDF proposait que le Président et son Vice-Président soient élus conjointement, sur un même ticket soumis au vote populaire.
Autre exigence du parti : que ce ticket soit mixte, associant obligatoirement un représentant du Cameroun anglophone et un du Cameroun francophone — un minimum de justice historique, selon Osih, au regard des fractures que traverse le pays depuis la crise anglophone.
Pour le SDF, en refusant tout dialogue et toute amélioration du texte, la majorité au Parlement a raté une opportunité de réconciliation nationale. « Ce texte fragilise la légitimité, renforce la centralisation et ignore un contexte historique majeur », a-t-il affirmé.



