Une semaine après avoir publié un commentaire saluant les auteurs du meurtre de Divine Mbarga, Faustin Abega a été interpellé par les autorités camerounaises pour complicité de crime. La justice a agi vite. Ce coup de filet intervient dans le sillage de l’une des affaires les plus bouleversantes de l’année au Cameroun : le viol et l’assassinat d’une fillette de 11 ans au quartier Nkoabang, à Yaoundé.
Tout part d’une publication sur les réseaux sociaux. Après la mort de Divine Mbarga — kidnappée, violée pendant des heures et tuée par étouffement dans une maison en chantier — Faustin Abega choisit d’applaudir publiquement les bourreaux de l’enfant. Un commentaire jugé odieux par des milliers d’internautes, qui le signalent massivement.
Moins d’une semaine plus tard, les autorités frappent. Il est interpellé pour complicité de crime — une qualification lourde, qui traduit la volonté de la justice de ne pas laisser passer ce type de propos dans un contexte aussi grave.
La réaction de la toile camerounaise est unanime. « La liberté d’expression existe, c’est la liberté après l’expression qui est incertaine », résume un internaute. Un autre avertit : « Faites très attention à vos commentaires. Voilà quelqu’un qui va perdre sa liberté à cause d’un commentaire. »
L’affaire Divine, un crime qui a secoué tout le pays
Pour comprendre pourquoi ce commentaire a mis le feu aux poudres, il faut rappeler les faits. Un mercredi soir, Divine Mbarga Atangana, 11 ans, s’éloigne de chez sa grand-mère après une dispute. Elle ne reviendra jamais.
Entre 23h et 5h du matin, dans un chantier abandonné de Nkoabang, elle est violentée, violée, puis tuée. Ses cris — « Ça fait mal, arrêtez ! » — ont été entendus par des voisins. Personne n’a bougé. Son corps est retrouvé sur des cartons, son sous-vêtement déchiré. Ses babouches, elles, étaient soigneusement rangées contre le mur.
La gendarmerie de Yaoundé a arrêté le suspect principal et interpellé plusieurs riverains pour non-assistance à personne en danger. Ce silence coupable des voisins avait déjà choqué l’opinion. Que quelqu’un ose ensuite glorifier les bourreaux sur internet a achevé de mettre la société camerounaise hors d’elle.



