Le 6e Congrès du Parlement camerounais s’est officiellement ouvert le 2 avril 2026 à l’Assemblée nationale de Yaoundé. À l’ordre du jour : l’examen du projet de loi modifiant la Constitution pour créer un poste de vice-président de la République. Une commission spéciale composée de députés et de sénateurs a immédiatement été mise en place pour analyser le texte en détail avant son adoption.
Ce qui se passe au Congrès
La séance d’ouverture a été présidée par Datouo Theodore, Président de l’Assemblée nationale et du Congrès, en présence de Sa Majesté Aboubakary Abdoulaye, Président du Sénat. Le projet de loi n° 2094/PJL/P a été présenté lors d’une conférence des présidents de chambres, jugé recevable, puis soumis à l’ensemble du Congrès.
La commission spéciale travaille actuellement sur les dispositions clés du texte. L’alinéa 3 de l’article 5 prévoit que « le Président de la République peut être assisté d’un Vice-Président ». Ce dernier est nommé par le Chef de l’État, qui peut également mettre fin à ses fonctions à tout moment.
Trois points sont particulièrement scrutés :
- En cas de vacance du pouvoir (décès, démission ou empêchement définitif constaté par le Conseil constitutionnel), le vice-président achève le mandat présidentiel en cours.
- Le Président peut lui déléguer une partie de ses pouvoirs, selon les modalités qu’il fixe.
- Une fois la vacance gérée, le vice-président peut se porter candidat à l’élection présidentielle.
Ce qui change vraiment
C’est une rupture nette avec le système en vigueur depuis 1996. Jusqu’ici, en cas de vacance du pouvoir, c’est le Président du Sénat qui assurait l’intérim avant une nouvelle élection. Désormais, ce n’est plus un intérim provisoire, mais une continuité du mandat assurée par le vice-président jusqu’à son terme.
Ce changement repositionne totalement la chaîne de succession au sommet de l’État. Il offre au Président de la République la possibilité de désigner lui-même celui qui lui succéderait constitutionnellement, sans passer par les urnes dans l’immédiat.
La commission spéciale devrait rendre ses conclusions dans les prochains jours. Le vote du Congrès est attendu rapidement, avec une adoption quasi certaine au vu de la majorité RDPC dans les deux chambres. L’attention se tourne déjà vers la question centrale : qui Paul Biya nommera-t-il vice-président ?



