Après le décès de Hubert Nde Sambone le 31 mars 2026, l’Agence Nationale d’Investigation Financière (ANIF) du Cameroun ne reste pas sans tête. Meba Jean Bertin, Administrateur Civil Principal, vient d’être nommé directeur par intérim de l’institution. Une décision rapide qui vise à assurer la continuité d’une structure stratégique dans le dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux au Cameroun.
Une passation de flambeau dans l’urgence
La nomination de Meba Jean Bertin intervient dans un contexte particulier. Hubert Nde Sambone, qui dirigeait l’ANIF depuis sa création en 2005, soit plus de 20 ans à la tête de l’institution, est décédé brutalement après une courte maladie. Son décès a laissé un vide immédiat à la tête d’une agence dont le rôle est central dans la surveillance des flux financiers suspects au Cameroun.
En nommant un intérimaire, les autorités entendent éviter toute paralysie opérationnelle. Meba Jean Bertin, en sa qualité d’Administrateur Civil Principal, est un profil de l’administration camerounaise formé pour gérer des structures publiques complexes. Sa prise de fonction à Yaoundé, siège de l’ANIF, est effective.
Aucun communiqué détaillé sur ses missions prioritaires n’a encore été rendu public. Mais la continuité des activités de l’agence, notamment ses obligations de déclaration et de coopération avec les organismes régionaux comme le GABAC et internationaux comme le GAFI, ne souffre d’aucun délai.
L’ANIF, une institution sous pression permanente
Créée en 2005, l’ANIF est le bras armé du Cameroun dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Elle reçoit, analyse et traite les déclarations de soupçon transmises par les banques, assurances, notaires et autres acteurs économiques soumis aux obligations de vigilance.
Depuis plusieurs années, le Cameroun est sous surveillance internationale concernant son dispositif anti-blanchiment. L’ANIF joue donc un rôle clé dans la crédibilité financière du pays vis-à-vis des partenaires extérieurs et des institutions de Bretton Woods.
La nomination d’un intérimaire est une réponse de court terme. La vraie question reste celle de la nomination d’un directeur général permanent, qui devra être à la hauteur des enjeux institutionnels et diplomatiques portés par l’agence.



