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Laurent Esso défend la loi sur le vice-président


C’est Laurent Esso, Vice-Premier Ministre et Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, que Paul Biya a choisi pour porter le projet de loi sur la création d’un poste de vice-président de la République devant le Parlement réuni en Congrès ce 2 avril 2026 à Yaoundé. Un choix fort, confié à l’un des hommes les plus fidèles du Chef de l’État.

Laurent Esso, homme de confiance pour une réforme historique

Le choix de Laurent Esso n’est pas anodin. Ce juriste chevronné a servi Paul Biya à quasiment tous les niveaux du pouvoir : Secrétaire général de la Présidence, ministre de la Communication, puis de la Justice. Sa présence au pupitre du Congrès pour défendre ce texte envoie un signal clair : cette réforme est prise au sérieux au plus haut niveau.

Le projet de loi n° 2094/PJL/P modifie 6 articles de la Constitution (articles 5, 6, 7, 10, 53 et 66). Il introduit un vice-président qui ne sera pas élu au suffrage universel, mais nommé directement par le Président de la République. Ce dernier pourra lui déléguer une partie de ses pouvoirs, et révoquer cette délégation à tout moment.

Le statut juridique du futur vice-président est également précisé : il bénéficiera d’immunités, de privilèges et d’avantages fixés par une loi ultérieure. Il sera justiciable devant la Haute Cour de Justice.

Une réforme perçue comme un signal sur la succession

Pour de nombreux analystes, cette révision constitutionnelle va au-delà d’un simple ajustement institutionnel. Elle intervient quelques mois après la réélection de Paul Biya à la présidentielle d’octobre 2025, alors que la question de la succession à Etoudi est sur toutes les lèvres.

Avec ce texte, le Chef de l’État se donne la possibilité de désigner lui-même son successeur constitutionnel, sans passer par les urnes. En cas de vacance du pouvoir — décès, démission ou empêchement définitif — c’est le vice-président qui achèverait le mandat en cours. Il pourrait ensuite se présenter à une élection présidentielle.

Si elle est adoptée, cette révision sera le plus important changement constitutionnel au Cameroun depuis 2008, date de la suppression de la limitation des mandats présidentiels.

Le vote du Congrès est attendu dans les prochains jours. Avec la majorité écrasante du RDPC dans les deux chambres, l’adoption ne fait guère de doute. Mais la vraie attente reste la même : qui Paul Biya nommera-t-il à ce poste stratégique ?



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