En septembre 2019, sa nomination fait l’effet d’une surprise : Cléopasse Medoulou Mengolo, alors encore étudiant en deuxième année à l’Enam, est nommé intendant adjoint du palais d’Etoudi à seulement 27 ans. Depuis, cet originaire de Bidjong, dans la région du Sud, n’a cessé de consolider sa position au cœur du pouvoir camerounais, jusqu’à devenir l’un des visages les plus discrets — et les plus influents — de l’entourage présidentiel.
Du Glion Institute au palais présidentiel
Son parcours est atypique. Après ses études secondaires au Cameroun, Cléopasse Medoulou Mengolo s’envole pour la Suisse. Il intègre le Glion Institute of Higher Education, spécialisé en gestion hôtelière et administration des affaires. Entre 2013 et 2015, il effectue des stages à l’InterContinental de Genève — l’hôtel où Paul Biya séjourne régulièrement.
Il y apprend la discrétion, le protocole, le service de haut rang. Il complète sa formation à la Geneva School of Diplomacy, avant de rentrer au Cameroun et d’intégrer l’Enam. Sa nomination au palais intervient avant même la fin de sa scolarité. Une trajectoire que beaucoup, à Yaoundé, attribuent directement à sa proximité avec Chantal Biya, dont il serait proche de l’entourage familial et qui était présente lors de son mariage.
Son rôle à la présidence est concret : gestion des résidences officielles, coordination logistique, entretien du patrimoine présidentiel. Mais son influence, elle, dépasse rapidement ce périmètre.
Un poids politique qui grandit à Etoudi
En 2024, lors de l’affaire opposant Hervé Parfait Mbapou au vice-amiral Joseph Fouda, son nom refait surface. Il serait intervenu à la demande de Chantal Biya pour obtenir la libération de Judith Marionne Nyandjock, une proche de la première dame arrêtée dans le cadre de l’enquête. Un geste qui lui vaut une image d’homme de confiance efficace, capable de court-circuiter les circuits d’influence classiques de la présidence.
Depuis, son nom tourne dans les couloirs d’Etoudi. Début 2026, il est cité pour une éventuelle intégration au cabinet de Paul Biya en cas de recomposition. Une perspective qui alarme certains dans l’entourage du directeur du cabinet civil Samuel Mvondo Ayolo et de son adjoint Oswald Baboke.
Des voix s’élèvent également pour pointer des dysfonctionnements dans sa gestion administrative, des contestations autour de primes, des critiques sur ses méthodes. Mais aucune procédure judiciaire publique ne l’a jusqu’ici rattrapé.
Cléopasse Medoulou Mengolo représente une nouvelle génération de cadres qui s’imposent non par l’ancienneté, mais par la proximité. Son avenir au sein du palais d’Etoudi dépendra en grande partie des équilibres qui se dessinent autour de Paul Biya — et des recompositions politiques à venir.



