C’est une information qui fait l’effet d’une bombe politique. Selon un programme des travaux transmis aux députés ce dimanche 29 mars 2026, l’Assemblée nationale du Cameroun examinera ce lundi 30 mars un projet de loi portant création d’un poste de vice-président de la République. Une révision constitutionnelle majeure, qui relance immédiatement le débat sur la succession au pouvoir.
Ce que prévoit le programme des travaux
Le document officiel signé par le Secrétaire général de l’Assemblée nationale, ESSIAN André Noël, est sans ambiguïté. Lundi 30 mars à 15 heures, la Commission des Lois Constitutionnelles se réunit en salle Cavayé Yéguié Djibril pour étudier le projet de loi N° 2093/PJL/AN. Le lendemain mardi 31 mars à 10 heures, la même commission se retrouve pour l’adoption du rapport, avant une séance plénière en hémicycle à 15 heures.
Le calendrier est serré. Deux jours pour examiner, adopter et potentiellement valider une révision constitutionnelle d’une portée historique. Pour l’instant, rien ne filtre officiellement sur le contenu précis du texte ni sur les contours exacts du poste envisagé.
Ce qui circule dans les couloirs : le vice-président serait nommé directement par le président de la République. Sa mission principale serait d’assurer la continuité de l’État et d’achever le mandat présidentiel en cours en cas de vacance du pouvoir. Une fonction de succession, en somme.
Un poste qui n’existe plus depuis 1972
La création d’un poste de vice-président au Cameroun ne serait pas une première. Cette fonction a existé avant 1972, date à laquelle elle a été abolie avec l’instauration de l’État unitaire sous Ahmadou Ahidjo. Sa réintroduction marquerait donc un tournant constitutionnel inédit depuis plus de cinquante ans.
Ce projet s’inscrit dans un débat récurrent sur la reconfiguration de l’exécutif camerounais. Depuis plusieurs années, la question de la succession du président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, alimente les discussions politiques. La création d’un poste de vice-président nommé par le Chef de l’État est souvent présentée comme un mécanisme permettant d’organiser cette transition de manière encadrée et constitutionnelle.
Pour beaucoup d’observateurs, la rapidité du calendrier parlementaire — deux jours seulement entre l’examen et l’adoption du rapport — suggère que le texte a été préparé bien en amont et que la décision politique est déjà prise au plus haut niveau.
Ce lundi 30 mars, toutes les attentions seront tournées vers l’hémicycle de Yaoundé. Si le projet de loi est adopté, le Cameroun entrera dans une nouvelle ère constitutionnelle. Les prochaines heures seront décisives pour l’avenir politique du pays.



