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l’Afrique réclame la réforme de l’OMC


Du 26 au 29 mars 2026, Yaoundé accueille la 14e Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (CM14). Pour les pays africains, ce n’est pas une réunion de routine. C’est une occasion historique de remettre en cause un système commercial jugé inéquitable et de peser sur la réforme de l’OMC. Le continent parle d’une seule voix — et le message est clair.

Un système commercial qui défavorise l’Afrique

Depuis des décennies, l’Afrique exporte des matières premières et importe des produits manufacturés. Ce schéma, les délégations africaines présentes à Yaoundé refusent de le perpétuer.

Sur la table des négociations : les subventions agricoles massives accordées par les pays développés, qui écrasent les producteurs africains sur les marchés internationaux. Mais aussi les barrières commerciales qui bloquent l’accès des produits africains transformés aux grands marchés mondiaux.

Les États africains sont formels : leur engagement dans le multilatéralisme commercial a un prix. Ils conditionnent leur participation à une prise en compte réelle de leurs besoins — industrialisation, transformation locale des ressources naturelles, intégration régionale via la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Le continent représente 54 pays et plus de 1,4 milliard de personnes. Pourtant, sa part dans le commerce mondial reste marginale. C’est précisément ce déséquilibre que la CM14 de Yaoundé est appelée à corriger.

Yaoundé comme symbole d’un tournant

Le choix du Cameroun pour accueillir cette conférence n’est pas anodin. Il place le continent africain au centre du débat sur l’avenir du commerce mondial, à un moment où l’économie internationale se fragmente et où les grandes puissances revoient leurs alliances commerciales.

L’Afrique arrive à Yaoundé avec des revendications précises : réformer les règles de l’OMC, obtenir un meilleur accès aux marchés internationaux, et surtout être reconnue non plus comme simple fournisseur de ressources brutes, mais comme acteur industriel à part entière.

Pour le Cameroun, pays hôte, c’est aussi une vitrine diplomatique et économique de premier plan.

La CM14 de Yaoundé pourrait marquer un vrai tournant si les engagements pris se traduisent en actes concrets. L’Afrique a posé ses conditions. Reste à savoir si ses partenaires commerciaux sont prêts à entendre — et surtout à répondre.



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