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le Gouverneur débloque le chantier Cité Verte


Le bras de fer entre la Mairie de Yaoundé et la ministre de l’Habitat a trouvé son épilogue ce lundi 23 mars 2026. Sur instruction des plus hautes autorités, le Gouverneur de la région du Centre s’est rendu en personne sur le chantier du tronçon Feux Madagascar-Cité Verte pour débloquer une situation qui paralysait un axe stratégique de la capitale, à quelques semaines de la visite papale. Résultat : Arab Contractors a repris les travaux dès la même journée, salué par les cris de joie des riverains.

Un chantier, deux autorités, une crise

Tout est parti d’un retard aux conséquences potentiellement lourdes. Le tronçon Feux Marché Madagascar – Entrée Cité Verte est loin d’être une route ordinaire. C’est une portion clé du parcours prévu pour le cortège papal, et les travaux de réhabilitation qui devaient s’y dérouler accusaient un retard préoccupant.

Face à l’urgence, la ministre de l’Habitat et du Développement Urbain, Célestine Ketcha Courtes, a décidé d’agir vite. Elle a mobilisé une entreprise en dehors du circuit habituel pour accélérer les travaux. Une initiative qui n’a visiblement pas plu au maire de la ville de Yaoundé, Luc Messi Atangana, qui avait, de son côté, déjà accordé deux mois supplémentaires à l’entreprise initialement chargée du chantier — délai que cette dernière n’avait pourtant pas respecté.

Le désaccord a pris une tournure spectaculaire lorsque, selon Equinoxe TV, la ministre s’est rendue à l’hôtel de ville pour exiger la libération d’ouvriers qu’elle avait mandatés et qui avaient été interpellés par la police municipale. Des travailleurs empêchés d’accéder au chantier, des engins bloqués, une ministre qui force une porte : le tableau était explosif.

Le Gouverneur en pompier de la République

C’est dans ce contexte tendu que le Gouverneur de la région du Centre est entré en scène, porteur d’un message sans ambiguïté. Sa mission ? Transmettre les « Très Hautes instructions » et remettre de l’ordre sur un chantier devenu le symbole d’une rivalité institutionnelle aux effets bien concrets sur le quotidien des Yaoundéens.

Dans un communiqué, le ministère de l’Habitat a précisé les termes de cette intervention :

« Un seul point faisait l’objet de cette descente : répercuter les Très Hautes instructions, à savoir permettre à l’entreprise Arab Contractors d’exécuter en toute quiétude et avec diligence l’ensemble des travaux, tout en exigeant le retrait immédiat du site de tous les engins qui empêchaient Arab Contractors de se déployer. »

Le retrait des engins bloquants a été effectif dès la visite du Gouverneur. Arab Contractors — entreprise de référence au Cameroun, déjà impliquée dans plusieurs grands chantiers d’infrastructure — a pu relancer ses machines dans la foulée. Les populations du quartier, visiblement soulagées, ont accueilli la nouvelle avec des applaudissements. Une scène rare sur un chantier, qui dit long sur le niveau de tension accumulé et l’attente des riverains.

Derrière le conflit, une question de fond

Ce bras de fer entre la Mairie de Yaoundé et le ministère de l’Habitat n’est pas seulement une querelle de personnes. Il met en lumière une tension structurelle que beaucoup d’observateurs camerounais connaissent bien : qui décide quoi sur les travaux urbains dans une ville capitale ?

D’un côté, un maire élu, soucieux de son autorité territoriale et de la gestion des délais qu’il a lui-même accordés. De l’autre, un ministère sectoriel qui tient les cordons du financement et dont la ministre n’est pas connue pour sa patience face aux blocages administratifs. Entre les deux, une échéance qui ne peut pas attendre : la visite du Pape prévue dans les prochaines semaines à Yaoundé, un événement d’une portée symbolique et diplomatique considérable pour le Cameroun.

Le fait que ce soit le Gouverneur — représentant de l’État central — qui soit venu trancher illustre un principe bien ancré dans le système camerounais : quand le dialogue entre institutions coince, c’est Yaoundé — au sens politique du terme — qui reprend la main.

Ce que ça change pour les Yaoundéens

Pour les habitants du quartier Madagascar et les automobilistes qui empruntent quotidiennement cet axe, ce déblocage est d’abord une bonne nouvelle pratique. Un chantier à l’arrêt, c’est une route dégradée qui dure, des embouteillages qui s’allongent, et une frustration qui s’installe.

La reprise des travaux ce lundi 23 mars 2026 relance l’espoir que le tronçon soit livré dans des délais raisonnables. Arab Contractors dispose désormais d’un feu vert politique clair pour travailler « en toute quiétude et avec diligence », selon les termes officiels.

Reste à savoir si cette intervention musclée — et la désescalade qui a suivi — marquera durablement les relations entre la Mairie de Yaoundé et le ministère de l’Habitat, ou si d’autres chantiers sensibles rouvriront ce type de friction. Dans une ville qui se prépare à accueillir le monde, le Cameroun ne peut pas se permettre que ses chantiers deviennent des théâtres de guerre institutionnelle.

Le tronçon Feux Madagascar-Cité Verte est désormais entre les mains d’Arab Contractors. La visite papale approche, le chronomètre tourne. La vraie question reste entière : les travaux seront-ils terminés à temps ?



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