(Investir au Cameroun) – La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), qui rappelle sur son site desservir les six États membres de la Cemac — Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad — a lancé, le 17 mars 2026, un appel à manifestation d’intérêt pour sélectionner quatre entreprises appelées à bénéficier de la prise en charge de leurs frais d’introduction en bourse. Le dispositif est présenté comme un « mécanisme incitatif » destiné aux sociétés souhaitant rejoindre la cote de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (Bvmac), basée à Douala.
Pour bénéficier de cet appui, les candidats devront constituer un dossier comprenant notamment une lettre de demande de financement, la décision des organes sociaux autorisant le recours à l’appel public à l’épargne à la Bvmac, un engagement à faire coter ensuite les titres de l’entreprise, la fiche signalétique de la société, ainsi qu’un jeu complet des états financiers certifiés des trois dernières années. Le dossier complet devra être déposé au siège de la BEAC à Yaoundé au plus tard le 30 avril 2026 à 15 h 30, selon les informations publiées autour de l’appel.
Un levier financé par la BAD pour relancer la cote
Ce mécanisme s’inscrit dans le cadre du Projet d’appui au marché financier d’Afrique centrale (Pamfuac), piloté par la BEAC et financé par la Banque africaine de développement (BAD). Le programme général, publié par la BAD, vise à développer le marché financier régional, notamment en mobilisant davantage de capitaux via de nouveaux instruments et un renforcement des infrastructures de marché. Dans ce cadre, 142,9 millions FCFA ont été provisionnés pour « encourager les entreprises à se faire coter à la Bvmac » en finançant leurs frais d’introduction.
L’initiative peut constituer une opportunité pour les 15 entreprises publiques et parapubliques de la Cemac annoncées pour une introduction à la cote depuis 2020, mais dont les dossiers n’ont toujours pas abouti. En 2018, les six États de la sous-région s’étaient engagés à identifier chacun plusieurs entreprises en vue de leur admission à la Bvmac à partir de 2020. À ce jour, selon les éléments fournis, cinq pays ont déjà dévoilé une liste totale de 15 entreprises, sans concrétisation à grande échelle depuis.
Au-delà de l’allègement financier, la démarche traduit la volonté des autorités monétaires régionales de lever l’un des freins pratiques à l’accès au marché actions. Pour la Bvmac, encore peu profonde sur le compartiment des actions, l’enjeu est autant d’élargir la cote que de crédibiliser la promesse d’un marché financier unifié à l’échelle de la Cemac.
BRM



