(Investir au Cameroun) – Les volumes de ciment vendus par Dangote Cement Cameroun, filiale locale du conglomérat contrôlé par l’homme d’affaires nigérian Aliko Dangote, ont reculé de 14,1 % en 2025, selon les états financiers audités du groupe consultés par Investir au Cameroun. Dans le détail, les ventes de l’usine de Douala, d’une capacité de 1,5 million de tonnes par an, se sont établies à 1,2 million de tonnes au 31 décembre 2025, contre 1,4 million de tonnes commercialisées en 2024, soit une baisse de 200 000 tonnes.
Selon Dangote Cement, ce repli des volumes vendus au Cameroun en 2025 découle des « incertitudes liées aux élections ». Le producteur panafricain de ciment fait référence à l’élection présidentielle organisée au Cameroun en octobre 2025, dont la proclamation des résultats officiels a embrasé de nombreuses villes du pays, paralysant les activités économiques. Douala, la capitale économique qui abrite l’usine de production de Dangote Cement, en a payé le plus lourd tribut, à en croire les données officielles.
Le recul des ventes du conglomérat nigérian au Cameroun a pesé sur les performances opérationnelles de Dangote Cement à l’échelle africaine. « Nos opérations panafricaines ont enregistré une baisse de 1,6% des volumes, à 11,0 Mt en 2025, contre 11,1 Mt à la même période l’année précédente. Cette performance a été principalement impactée par les incertitudes pré et post-électorales au Cameroun, au Sénégal et en Afrique du Sud, ainsi que par des contraintes de liquidités en Éthiopie liées aux retards dans l’adoption du budget national », explique le groupe dans les états financiers audités au 31 décembre 2025.
Des projections optimistes pour l’année 2026
Sur le plan financier, le recul des ventes de Dangote Cement Cameroun en 2025 a également affecté les performances du groupe. Si l’EBITDA consolidé a progressé en 2025, porté principalement par le dynamisme des activités au Nigeria, cet indicateur de rentabilité avant intérêts, impôts et taxes, dépréciations et amortissements s’est contracté à l’échelle panafricaine.
« L’EBIDTA panafricain a diminué de 14,8% pour s’établir à 294,1 milliards de nairas (≈ 120,5 milliards FCFA), soit une marge de 20,2%, contre 345,3 milliards de nairas (≈ 141,4 milliards FCFA) et une marge de 23,3% en 2024, reflétant la baisse des volumes sur les principaux marchés, notamment l’Éthiopie, le Sénégal, le Cameroun, le Ghana et l’Afrique du Sud », souligne le groupe.
Malgré ce qui apparaît comme une contre-performance en 2025, Dangote Cement affiche un certain optimisme pour ses activités au Cameroun en 2026. « Les projets d’infrastructure en cours, notamment la construction de l’autoroute entre Douala et Yaoundé, les projets routiers et de ponts à l’échelle nationale, et l’augmentation des initiatives de développement dans diverses régions, devraient stimuler la demande de ciment à moyen et court terme », anticipe le cimentier nigérian.
Un nouvel investissement annoncé au Cameroun
Pour rappel, Dangote Cement opère au Cameroun depuis 2015, grâce à une usine de 1,5 million de tonnes de capacité construite sur les berges du Wouri à Douala. L’arrivée de ce producteur a mis fin à 48 ans de monopole des Cimenteries du Cameroun (Cimencam), filiale locale de LafargeHolcim Maroc Afrique (LHMA).
À brève échéance, Dangote Cement ambitionne d’augmenter ses capacités de production au Cameroun et dans six autres pays africains. Un contrat d’un milliard USD (≈ 592,6 milliards FCFA) a été signé à cet effet le 28 février 2026 à Lagos, entre Aliko Dangote et la société chinoise Sinoma Engineering. Deux options sont envisagées pour le nouvel investissement annoncé au Cameroun : étendre les capacités actuelles de l’usine de Douala, ou relancer le projet de construction d’une usine de même capacité à Nomayos, dans la banlieue de Yaoundé, la capitale du pays. Ce projet est en berne depuis plus de 10 ans.
Brice R. Mbodiam
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