(Investir au Cameroun) – Lancé en 2009, le programme de construction de 10 000 logements sociaux, couplé à l’aménagement de 50 000 parcelles constructibles, a permis de réaliser 1 130 logements sur 1 675 prévus dans sa phase pilote. À ce volume s’ajoutent le Plan d’urgence triennal pour l’accélération de la croissance économique (Planut), volet Habitat, le programme chinois et les logements des PME, portant le total à 3 585 logements achevés à ce jour.
Ces données ont été rendues publiques par la ministre de l’Habitat et du Développement urbain (Minhdu), Célestine Ketcha Courtès, le 12 février 2026 à Douala, à l’occasion de la remise des clés à 57 nouveaux acquéreurs à Mbanga Bakoko. Selon la ministre, 670 logements sont déjà livrés dans la capitale économique, avec 40 supplémentaires attendus d’ici mars et 30 autres en avril.
Remises de clés depuis 2013 et montée en cadence annoncée
Célestine Ketcha Courtès affirme que depuis le lancement des remises des clés en 2013, près de 3 000 familles sont logées « de façon décente » à Douala, Yaoundé, Bafoussam, Limbé, Bamenda et Sangmélima. La séquence de Mbanga Bakoko s’inscrit ainsi dans une dynamique présentée comme progressive, mais qui reste éloignée des objectifs initiaux.
La ministre rappelle qu’à sa nomination en 2018, seuls 420 logements étaient achevés, signe de difficultés dans les premières années d’exécution. Elle attribue ces blocages à des dysfonctionnements, notamment la faible capacité financière et logistique de certaines PME locales, ce qui a conduit à l’arrêt des travaux.
Pour relancer le programme, le gouvernement a contractualisé de nouvelles entreprises « aux performances avérées », grâce à des accords exceptionnels du ministère des Marchés publics. L’exécutif met en avant ce levier contractuel pour corriger les faiblesses identifiées dans la chaîne de réalisation.
Malgré ces ajustements, les résultats demeurent limités au regard des besoins. Selon des chiffres officiels, le Cameroun fait face depuis quelques années à un déficit d’environ 2,5 millions de logements sociaux, qualifié de crise « aiguë » par les autorités.
Partenariats privés, foncier et contrainte fiscale : les nouveaux nœuds du dossier
Pour combler ce déficit, le gouvernement indique avoir engagé des pourparlers avec plusieurs partenaires privés — Pnhg, Addoha, Lafak et Wagas — afin de finaliser les préalables au démarrage effectif de nouveaux travaux de construction. Mais le processus achoppe sur l’accès au foncier, présenté comme un verrou structurant.
Selon la Minhdu, « des réflexions avec le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières ont aussi avancé sur les titres de propriété, avec une priorité pour leur délivrance effective en 2026 ». À cette contrainte s’ajoute désormais un paramètre fiscal susceptible de renchérir les projets.
Depuis janvier 2026, l’État a mis fin à l’exonération de TVA sur l’immobilier social, en instaurant un taux de TVA de 10 % sur les opérations d’immobilier social (intérêts, ventes, locations). Cette mesure est annoncée comme pouvant affecter l’équation économique des projets, avec une conséquence directe sur la hausse de l’investissement et l’accès au logement social.
Frédéric Nonos
Lire aussi :
15-10-2025 - Le groupe londonien Wagas ambitionne de construire 1,5 million de logements au Cameroun



