(Investir au Cameroun) – La Société camerounaise de palmeraies (Socapalm), filiale du groupe luxembourgeois Socfin, a annoncé le 18 février 2026, dans un communiqué officiel, la cession de « sa plantation d’Eséka » (région du Centre) à la société Opalm. Selon des sources proches du dossier, l’accord conclu porte toutefois principalement sur l’huilerie industrielle exploitée par Socapalm sur son site d’Eséka. Le montant de la transaction n’a pas été révélé.
Socapalm, présentée comme le leader de la production d’huile de palme au Cameroun, assure que l’accord avec Opalm prévoit le respect des droits des employés. « La transition est conduite avec un engagement fort en faveur du capital humain : l’ensemble du personnel en service est transféré chez Opalm, avec maintien intégral des droits acquis, de l’ancienneté, des fonctions et des avantages sociaux », indique le communiqué. Une source proche du dossier ajoute qu’« une prime de transition » sera versée aux employés, et précise que la première rencontre entre le personnel du site Socapalm d’Eséka et les dirigeants d’Opalm a eu lieu le 18 février 2026.
Cette acquisition s’inscrit dans le plan d’investissement d’Opalm. Le 22 décembre 2025, dans les services du Premier ministre à Yaoundé, les dirigeants de l’entreprise ont signé avec le gouvernement camerounais une convention d’investissement d’un montant total de 45 milliards FCFA, portant sur la construction de cinq usines de production d’huile de palme dans des bassins de production du pays.
Un déficit de 300 000 tonnes d’huile de palme chaque année
Selon les prévisions d’Opalm, la première usine devait être construite dans le département du Nyong-et-Kellé, dont le chef-lieu est Eséka. Avec le rachat de l’usine déjà construite par Socapalm dans cette localité, l’investissement d’Opalm consistera finalement, apprend-on de source autorisée, à moderniser l’outil existant et à « tripler ses capacités de production actuelles ».
Lors de la cérémonie de signature de la convention d’investissement avec l’État en décembre 2025 à Yaoundé, Tarek Daoud, directeur général (DG) d’Opalm, a présenté deux objectifs : accompagner l’État dans ses efforts de structuration et de planification dans le monde rural, et accroître la production nationale d’huile de palme. « Le déficit actuel d’huile de palme au Cameroun est de 300 000 tonnes. Le programme Opalm se propose d’augmenter de 108 000 tonnes les capacités disponibles pour les industries locales, soit une réduction (du déficit) d’environ 50 % », a-t-il déclaré.
Environ 100 milliards FCFA d’importations annuelles
Le manque d’huile de palme pèse directement sur l’industrie locale. Les industries de transformation installées au Cameroun — producteurs d’huiles raffinées et savonneries — n’exploitent généralement que 40 % à 50 % des capacités installées. « Grâce à l’investissement de la société Opalm, des usines de transformation de l’huile de palme pourraient enfin tourner à plein régime », confie Gabriel Mbairobe, ministre de l’Agriculture, qui évalue à 1,2 million de tonnes les capacités de raffinage des oléagineux disponibles dans le pays.
Au-delà de l’effet industriel, le projet est présenté comme un levier de réduction des importations. Celles-ci sont officiellement estimées à environ 100 milliards FCFA par an, un niveau qui contribue à déséquilibrer la balance commerciale et à entamer les réserves en devises. « Le projet de la société Opalm vient aider l’État à rééquilibrer un tout petit peu cette balance commerciale », soutient le ministre Mbairobe.
Brice R. Mbodiam
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