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Après des années d’inertie, le gouvernement tente de relancer la plateforme agricole Camagro


(Investir au Cameroun) – Le gouvernement camerounais veut remettre en marche la plateforme nationale d’information agropastorale Camagro. Dans un appel à manifestation d’intérêt consulté par Investir au Cameroun, le ministère des Postes et Télécommunications (Minpostel) a lancé la présélection de cabinets d’études et d’opérateurs chargés de concevoir le modèle de gouvernance, le cadre institutionnel et le mode d’exploitation durable de cet outil numérique agricole. « La plateforme Camagro nécessite aujourd’hui une structuration approfondie de son cadre de gouvernance, de son ancrage institutionnel et de son mode d’exploitation, afin d’en garantir la durabilité, la performance, la sécurité et l’appropriation effective par l’ensemble des parties prenantes », indique l’appel.

Derrière la procédure, se dessine la relance d’un projet ancien resté en marge des usages. Lancée en 2011, Camagro devait permettre aux producteurs, commerçants et consommateurs d’accéder à des informations fiables sur les marchés agricoles : prix des denrées, disponibilité des produits, tendances commerciales. En 2015, une convention de partenariat avait été signée entre le ministère du Commerce et l’opérateur public Camtel afin d’alimenter la plateforme à partir des relevés de prix effectués dans les marchés à travers le pays. Un système d’envoi de SMS avait également été envisagé pour les zones rurales sans accès internet.

Mais malgré ces ambitions, l’outil n’a jamais réellement pris racine. Transférée au Minpostel en 2016, la plateforme revient aujourd’hui dans l’agenda public à travers une démarche qui privilégie d’abord l’analyse des causes d’échec plutôt qu’une simple mise à niveau technique. L’État cherche à comprendre pourquoi Camagro n’a pas fonctionné et à poser un cadre de pilotage plus robuste.

La mission confiée au futur consultant s’ouvre ainsi sur un diagnostic complet : audit technique, analyse juridique, évaluation des mécanismes de gestion et identification des insuffisances. Le consultant devra également cartographier l’ensemble des acteurs concernés — ministères sectoriels, opérateurs privés, organisations de producteurs, partenaires techniques — puis définir les rôles de chacun.

La relance intervient alors que le secteur agropastoral reste un pilier de l’économie nationale et de la sécurité alimentaire. En facilitant la comparaison des prix et en renforçant la transparence des marchés, Camagro vise indirectement à réduire l’asymétrie d’information entre producteurs, intermédiaires et commerçants, un facteur qui pèse sur la formation des prix et le pouvoir de négociation des acteurs les plus en amont.

C’est aussi la raison pour laquelle l’étude demandée ne se limite pas à la gouvernance. Elle devra proposer un modèle économique et financier garantissant la durabilité de la plateforme, intégrant des indicateurs de performance, des exigences de qualité de service et des mécanismes de protection des données — une condition de crédibilité pour un outil appelé à agréger des informations sensibles sur les volumes, les prix et les circuits.

Amina Malloum

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