View Kamer

quand la justice fait taire l’histoire


À Dschang, un film de 52 minutes a mis à nu une vérité dérangeante. Le documentaire sur Penka-Michel n’a pas choqué par ses faits, mais par ce qu’il révèle : une mémoire confisquée. En ordonnant le retrait du film, la justice choisit-elle le silence plutôt que le débat ? Nous, journalistes, assumons notre position : soutenir les producteurs, défendre le droit d’enquêter et refuser l’effacement de l’histoire.

Le documentaire Penka-Michel, toponymie controversée interroge un héritage colonial encore vif. Archives, témoignages, contradictions : le travail est journalistique, documenté, légitime. Pourtant, une plainte a conduit le Tribunal de première instance de Dschang à ordonner le retrait immédiat du film et l’interdiction de diffusion. Cette décision ne protège pas l’histoire ; elle la musèle.

Défendre le journalisme, refuser la censure

Nous ne sommes pas d’accord avec Penka-Michel lorsque le débat est fermé par voie judiciaire. L’histoire n’est pas une propriété privée. Elle se discute, se confronte, se documente. En s’attaquant aux producteurs, on s’attaque à la presse et au droit de savoir. « On ne juge pas une mémoire au marteau », confie un chercheur présent à la projection.

Les audiences des 4 et 5 février 2026 sont cruciales. Elles diront si un juge peut décider, sans contradictoire public, de ce qui mérite d’être raconté. Pour nous, le précédent serait grave : demain, tout travail d’enquête sur le passé pourrait être stoppé par la simple menace d’une plainte.

Au Cameroun, le journalisme d’enquête n’est pas un luxe. Il est une nécessité démocratique. Soutenir les producteurs de ce film, c’est défendre la liberté de la presse, la recherche historique et le droit des citoyens à comprendre leur passé — même lorsqu’il dérange.

Nous choisissons le camp de l’histoire ouverte et du débat public. La justice doit protéger les libertés, pas les étouffer.



Source link

View Kamer

FREE
VIEW