(Investir au Cameroun) – Hysacam (Hygiène et salubrité du Cameroun) et le Centre national d’études et d’exploitation du machinisme agricole (Ceneema) ont signé, en fin d’année dernière, une convention de partenariat technique d’urgence. Objectif : répondre à l’engorgement des décharges de Nkolfoulou (Yaoundé) et de PK 10 (Douala), devenu un goulot logistique pour l’évacuation des déchets urbains.
Selon Hysacam, l’accord repose sur un appui logistique ponctuel. Le Ceneema apporte son expertise technique et met à disposition des engins lourds (bulldozers, niveleuses) afin d’aménager les sites et de niveler les déchets. L’enjeu est opérationnel : dégager des espaces de déchargement saturés et réduire les temps d’attente, qui freinaient la rotation des camions de collecte.
PK 10 réorganisée en attendant Ngombe à PK 21
Le 23 janvier 2026, une dizaine d’engins du Ceneema ont été mobilisés à la décharge de PK 10, à Douala, pour ouvrir des voies de circulation et réorganiser le site « pour quelques mois ». Le maire de la ville, Roger Mbassa Ndine, indique que le site devrait ensuite être transformé « en forêt communautaire et centre de transfert de déchets, après la mise opérationnelle de la décharge de Ngombe à PK 21 dans quatre à six mois ».
Cette échéance conditionne la stratégie de transition : stabiliser PK 10 à court terme, tout en préparant un basculement vers une nouvelle décharge annoncée comme opérationnelle à horizon quatre à six mois. Dans l’intervalle, la réorganisation vise surtout à restaurer de la capacité de traitement et à limiter les ruptures de collecte.
La collaboration intervient dans un contexte de crise persistante de gestion des déchets. Hysacam invoque notamment des tensions financières qui ont retardé certains travaux. « On a mis en place des solutions avec l’appui du gouvernement en prenant en compte les difficultés de trésorerie qui sont dues aux problèmes de règlement que nous avons et qui avaient retardé les travaux », explique Jean-Pierre Ymele, directeur général d’Hysacam.
Dans ce schéma, l’intervention du Ceneema s’apparente à un soutien inter-institutionnel mobilisé en urgence. Le mécanisme est présenté comme un appui opérationnel public, dont le coût est absorbé par les budgets d’urgence de l’État et par les redevances de gestion déjà allouées à Hysacam par les municipalités.
Des volumes quotidiens qui imposent de nouveaux opérateurs
Malgré le renfort, la pression reste élevée. À Douala, la production de déchets est estimée à 2 700 tonnes par jour. Pour soulager Hysacam, la mairie indique avoir recruté l’opérateur Genelcam pour prendre en charge une partie des déchets dès 2026.
À Yaoundé, où environ 2 000 tonnes de déchets sont produites quotidiennement, Hysacam dit avoir obtenu récemment des contrats d’une valeur de 45,7 milliards de FCFA pour résorber la crise des déchets en cinq ans. Dans cette séquence, la synergie avec le Ceneema est décrite comme une mesure d’urgence destinée à stabiliser les centres de traitement, le temps que les villes décentralisent une partie de la collecte via de nouveaux opérateurs.
Frédéric Nonos
Trois titres alternatifs (90–118 caractères)
- [Factual] : Déchets : Hysacam mobilise les engins du Ceneema pour désengorger PK 10 et Nkolfoulou
- [Analytical] : Ordures : soutien d’urgence du Ceneema, sur fond de trésorerie tendue et de réforme de la collecte
- [Marchés/Business] : Déchets : Douala fait entrer Genelcam dès 2026, Hysacam et Ceneema stabilisent les décharges saturées



