(Investir au Cameroun) – Au premier semestre 2025, le Cameroun a engrangé 1 705,4 milliards de FCFA de recettes d’exportation. Le total progresse de 215,2 milliards de FCFA, soit +14,44 % en glissement annuel, par rapport aux 1 490,2 milliards de FCFA encaissés sur la même période en 2024. La dynamique est portée par l’agro-export, selon la dernière note de conjoncture économique du ministère des Finances.
Le rapport attribue l’essentiel de la hausse à la progression des ventes de cacao et dérivés (+377,2 milliards de FCFA), de banane plantain (+16,8 milliards de FCFA) et de café (+4,7 milliards de FCFA). Cette trajectoire favorable est toutefois partiellement compensée par le recul de plusieurs postes, en particulier dans l’énergie et les matières premières.
Les exportations d’huiles brutes de pétrole diminuent de 154,6 milliards de FCFA, tandis que celles de gaz naturel liquéfié reculent de 65,4 milliards de FCFA. Le rapport signale également des baisses sur le coton brut (–19,1 milliards de FCFA), les bois sciés (–13,6 milliards de FCFA) et le bois brut (–5,3 milliards de FCFA). Au total, ces replis atténuent l’ampleur de l’embellie observée sur les cultures de rente.
Le cacao s’installe en premier produit d’exportation
Sur la période, le cacao s’impose comme premier produit d’exportation, avec une part de 42,94 % des recettes, soit environ deux fois celle des huiles brutes de pétrole (21,28 %). Une recomposition notable par rapport aux années précédentes, où le pétrole dominait plus nettement les exportations.
Cette bascule s’explique d’abord par la hausse spectaculaire des prix du cacao (+147,7 % en 2024), liée à une diminution de l’offre mondiale due à des conditions climatiques défavorables dans des pays producteurs majeurs comme la Côte d’Ivoire et le Ghana. En parallèle, les exportations de pétrole brut du Cameroun ont reculé de 11,0 % en 2024, conséquence d’une baisse de la production et d’un repli des cours.
Cette évolution réduit la dépendance historique aux hydrocarbures et met en lumière le potentiel du secteur agricole — en particulier le cacao — comme levier de recettes d’exportation et de revenus ruraux. Mais l’équation reste sensible à la volatilité des cours : un excédent de production annoncé sur le marché mondial pourrait provoquer une chute marquée des prix, malgré les prévisions du gouvernement situées entre 3 200 et 5 400 FCFA le kilogramme sur la saison 2025-2026. Les producteurs camerounais, jusqu’ici les mieux rémunérés au monde, avaient atteint un maximum de 6 300 FCFA le kilogramme lors de la campagne 2023-2024.
Frédéric Nonos



