Coup de tonnerre au tribunal de Bafoussam : l’audience du conflit familial Talla Mbou, prévue le 14 octobre 2025, a été une nouvelle fois ajournée, faute de présence du cadet Basile Talla Demgueu. Ce dossier explosif, mêlant héritage, violences, menaces et accusations d’« indignité familiale », secoue depuis des années la capitale régionale de l’Ouest. « C’est incroyable, toute cette malédiction ! », s’est indignée une proche de la famille après la séance.
Entre hostilités ouvertes, gestion contestée de biens immobiliers et rancœurs héritées du défunt patriarche, la crise semble hors de contrôle.
La justice parviendra-t-elle enfin à trancher ce litige devenu interminable ?
Un conflit familial Talla Mbou qui s’enlise devant les tribunaux
Le conflit familial Talla Mbou remonte à plus de vingt ans, au décès de Talla Demgueu Jean Hilaire, chef de famille et administrateur des biens successoraux.
Depuis, ses fils — Richard Talla Mbou et Basile Talla Demgueu — s’affrontent sur la gestion d’immeubles situés à Bafoussam, Bamendjou et Bamenkou.
Selon le dossier, Richard accuse son frère de :
- « trouble de jouissance »,
- « actes de menaces »,
- « destructions d’immeubles »,
- et « malversations sur les loyers perçus depuis 2019 ».
Dans un acte d’huissier révélé au public, Basile aurait encaissé des loyers destinés au Crédit Foncier du Cameroun, qui avait financé la finition d’un des biens familiaux.
Un magistrat ayant suivi l’affaire explique sous anonymat :
« Ce dossier est un cocktail d’ego, de blessures anciennes et d’argent. Les deux frères ne s’écoutent plus. »
Conflit familial Talla Mbou : deux décennies de rancœurs et d’accusations
Les tensions se sont aggravées en 2009 lorsque Bruno Legrand Lélé Talla, un autre frère, aurait fermé l’hôtel familial d’autorité, accusant Richard de ne pas rendre de comptes.
En 2012, les hostilités montent encore d’un cran : la mère, Masso Mafo Marceline, tente une médiation… sans succès.
Selon une plainte enregistrée en 2021, Richard affirme que :
« Je suis le deuxième cadet. On me reproche juste de vouloir protéger notre patrimoine. Mais mon frère s’approprie les biens au détriment des enfants du défunt. »
Le camp adverse rétorque que certains immeubles auraient été vendus « derrière le dos des héritiers » et qu’une procédure aurait été menée « en complicité avec un frère aîné ».
L’ampleur de l’affaire pousse le tribunal à convoquer l’ensemble des héritiers.
Mais les absences répétées freinent toute avancée.
La justice face à un litige devenu ingérable
Le climat familial est tellement tendu que certains proches parlent d’un « nœud de malédictions ».
Un extrait poignant du dernier enregistrement de leur mère, diffusé au dossier, dit :
« Basile… pourquoi ? Vous êtes frères ! Pourquoi toujours la guerre ? C’est incroyable, toute cette malédiction ! Ça me fend le cœur. »
Pour le tribunal, la priorité est d’établir la gestion réelle des loyers, la traçabilité des ventes et la conformité des mises en location.
Les immeubles concernés représentent des dizaines de millions de FCFA.
La nouvelle audience, reprogrammée au 13 janvier 2026, sera décisive.
Plusieurs avocats estiment que la justice pourrait enfin imposer une administration provisoire pour protéger le patrimoine pendant que les héritiers se déchirent.
Le conflit familial Talla Mbou illustre la violence silencieuse que peuvent provoquer les héritages mal réglés au Cameroun.
Entre rancœurs, suspicions et procédures interminables, cette saga familiale s’est transformée en véritable drame judiciaire.
Reste à savoir : la justice parviendra-t-elle enfin à ramener la paix dans une famille que tout semble opposer ?



