Chiffre marquant : le gouvernement camerounais a transmis le 10 novembre un projet de loi clé visant à réformer complètement le système d’incitations à l’investissement… sous la pression directe des exigences du FMI. Une mutation majeure qui rebat les cartes dans un contexte économique déjà fragile.
Selon une source interne au Minfi, « le Cameroun n’a plus le choix, il doit rassurer le Fonds et les investisseurs, sinon ce sera compliqué ».
Entre guichet unique, crédits d’impôt, fiscalité rénovée et contrôle renforcé, le pays se prépare à une transformation profonde.
Mais cette réforme répondra-t-elle réellement aux besoins des entreprises et aux attentes du FMI ?
Une réforme stratégique imposée par les exigences du FMI
Les exigences FMI Cameroun orientent désormais la nouvelle architecture des incitations à l’investissement.
Le texte transmis à l’Assemblée nationale redéfinit le régime des avantages fiscaux, douaniers et administratifs, dans le cadre du Programme économique et financier (PEF).
L’objectif est double :
- rassurer le FMI avant la poursuite du programme,
- attirer enfin les investisseurs hésitants depuis 2013.
Le gouvernement mise sur un équilibre entre discipline budgétaire, compétitivité et attractivité.
Selon un haut responsable ayant participé à la rédaction :
« Il faut rendre le pays plus lisible, plus transparent et plus efficace. C’est aussi simple que ça. »
Le texte unifie les procédures liées à l’investissement productif, souvent dispersées et opaques.
Exigences FMI Cameroun : transparence, contrôle et nouveau guichet unique
La réforme introduit des dispositifs totalement revisités.
1. Un contrôle renforcé des avantages fiscaux
Un « comité d’audit » aura désormais le pouvoir :
- de vérifier la conformité des investissements,
- de sanctionner les dérives,
- de bloquer les abus constatés.
Ces mécanismes répondent à la demande insistante du FMI : plus de transparence, moins d’opacité.
2. Un guichet unique modernisé
Sous l’autorité de l’Agence de promotion des investissements (API), ce guichet unique devra :
- réduire les délais d’instruction,
- simplifier les démarches,
- limiter les conflits entre administrations jalouses de leurs prérogatives.
3. Un crédit d’impôt repensé
La réforme prévoit des crédits d’impôt liés à :
- l’emploi local,
- les zones économiques spéciales,
- des secteurs jugés stratégiques (énergie, transport, santé, agriculture…).
Un fiscaliste confie :
« C’est une révolution silencieuse. Le FMI voulait de la cohérence, le Cameroun est en train de la créer. »
Entre ambitions nationales et contraintes imposées
Au-delà des aspects techniques, cette réforme révèle une tension politique : comment concilier les impératifs du FMI et la souveraineté nationale ?
D’un côté, les autorités cherchent à améliorer le climat des affaires, attirer les capitaux et redynamiser le secteur privé.
De l’autre, certains experts dénoncent une dépendance excessive aux prescriptions du Fonds.
Un économiste de Douala glisse :
« Le Cameroun doit éviter de perdre la main sur ses priorités. L’investissement productif ne doit pas devenir un simple exercice de conformité. »
La réforme, une fois ratifiée, pourrait transformer durablement la relation entre État, entreprises et partenaires internationaux — à condition que son application soit réellement effective, ce qui reste à prouver.
Les nouvelles exigences du FMI placent le Cameroun devant un défi majeur : réformer, rassurer et gagner en efficacité sans sacrifier ses ambitions nationales.
Reste une interrogation : cette réforme tiendra-t-elle ses promesses dans un pays où les textes avancent souvent plus vite que leur mise en œuvre ?



