Face à la montée des spéculations sur les réseaux sociaux et dans certains états-majors politiques, le président du Conseil électoral d’ELECAM, Dr Enow Abrams Egbe, a enfin pris la parole. Lors d’une conférence de presse tenue à Yaoundé, il a annoncé que tous les procès-verbaux des 58 commissions départementales et 108 commissions locales de la diaspora ont été transmis à la Commission nationale de recensement général des votes, qui « siège depuis ce matin ». Une déclaration qui vise à calmer les esprits… mais suffira-t-elle à apaiser la tension politique actuelle ?
Élections 2025 : Elecam appelle à la patience
Dans son intervention, Dr Enow Abrams Egbe a souligné que le processus de centralisation et de vérification des résultats est strictement encadré par la loi.
« À ce stade, il ne m’est pas possible de disposer de statistiques, car elles sont actuellement analysées par les commissions compétentes », a-t-il précisé, appelant les candidats et leurs partisans à la retenue.
Cette mise au point intervient alors que plusieurs formations politiques revendiquent déjà la victoire à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, alimentant la confusion et les tensions sur les plateformes numériques.
D’après les observateurs présents à la conférence, le président d’ELECAM a tenu à rassurer l’opinion publique : aucune donnée partielle ne sera publiée avant la proclamation officielle des résultats par le Conseil constitutionnel.
Un message fort pour préserver la paix
Depuis le début de la période post-électorale, des appels à la sérénité émanent de plusieurs institutions nationales : le Conseil National des Chefs Traditionnels, le CIDIMUC et maintenant ELECAM. Tous insistent sur la nécessité de préserver la paix sociale dans un climat politique tendu.
« Le peuple camerounais doit laisser le processus suivre son cours normal », a résumé un membre du collège électoral joint par 237online.com à Yaoundé.
Les chiffres définitifs devraient être proclamés dans les prochains jours, après vérification des procès-verbaux provenant des dix régions du pays et de la diaspora. Ce travail minutieux implique la participation de juristes, d’experts électoraux et d’observateurs nationaux.
Pour de nombreux Camerounais, cette annonce officielle vient comme un souffle d’apaisement, rappelant que la légitimité du scrutin repose sur la transparence et le respect du cadre légal.
En attendant les résultats officiels
ELECAM, souvent au centre des débats politiques, tente à nouveau de redorer son image de neutralité. Le message d’Enow Abrams Egbe vise autant à rassurer qu’à prévenir les dérives.
« Nous avons confiance en nos institutions. Le pays a besoin de calme et de patience », confie un habitant de Douala rencontré au quartier Bonapriso.
Mais dans les quartiers populaires comme dans les salons politiques, la question reste sur toutes les lèvres : le verdict du Conseil constitutionnel reflétera-t-il réellement la volonté du peuple ?



