Le climat politique camerounais est en ébullition. Alors que la Commission nationale de recensement des votes compile encore les résultats de la présidentielle du 12 octobre 2025, des chiffres non officiels fuités donnent Paul Biya vainqueur avec 52 % des voix. Un score aussitôt qualifié de “manipulation flagrante” par des membres de la commission. Parfait Mbvoum, représentant d’un parti d’opposition, a même claqué la porte du Palais des Congrès pour dénoncer “une mascarade électorale”. Entre colère populaire et soupçons de bourrage d’urnes, le pays s’interroge : le verdict final sera-t-il vraiment celui du peuple camerounais ?
⚠️ Des fuites explosives sur les résultats du scrutin
À Yaoundé, la tension est palpable depuis la fuite de données internes de la Commission nationale de recensement général des votes (CNRGV).
D’après Parfait Mbvoum, membre de ladite commission, “les chiffres provisoires attribuent 52 % à Paul Biya et 39 % à Issa Tchiroma Bakary”.
Mais ces pourcentages ne convainquent pas. Plusieurs représentants de partis d’opposition affirment que ces résultats ne correspondent pas à la réalité du terrain, surtout dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. « Là où les gens ont fui les violences, on parle de taux records de participation. C’est incompréhensible ! », a confié Mbvoum sous le choc.
💥 Crise de confiance et menaces de retrait
Face à ces anomalies, le représentant du FSNC a quitté la salle, accusant la commission d’avoir “perdu toute crédibilité”.
Dans les réseaux sociaux, les réactions se multiplient : certains appellent à des audits indépendants, d’autres à des manifestations pacifiques.
La CNRGV, censée garantir la transparence, est désormais au centre des critiques. Pour nombre d’observateurs, cette situation “met en péril la confiance des citoyens dans les institutions démocratiques”.
Des voix s’élèvent aussi au sein du corps diplomatique. Un observateur européen basé à Yaoundé a indiqué sous anonymat que “les écarts statistiques observés sont trop importants pour ne pas être questionnés”.
🇨🇲 Une démocratie fragilisée par le doute
Ce n’est pas la première fois que le Cameroun est confronté à une crise post-électorale. Mais cette fois, la situation paraît plus explosive.
Les tensions sociales, les fractures ethno-politiques et la lassitude populaire pourraient nourrir un cycle d’instabilité prolongée.
Un politologue de l’Université de Yaoundé II analyse : « Ce n’est pas seulement une bataille de chiffres, c’est une lutte pour la survie démocratique du pays ».
Les Camerounais, eux, oscillent entre colère et résignation. Beaucoup redoutent que “le scénario de 2018 ne se répète”.
Alors que la CNRGV s’apprête à publier les résultats officiels, le pays retient son souffle.
Si les tendances officieuses se confirment, Paul Biya s’acheminerait vers un nouveau mandat controversé, au prix d’une fracture nationale.
Les Camerounais accepteront-ils encore une fois un verdict jugé “écrit d’avance” ?



