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Intelligence artificielle Cameroun ► alerte dans les écoles


Au Cameroun, de plus en plus d’élèves utilisent l’intelligence artificielle pour rédiger leurs devoirs ou résoudre des exercices complexes. Une tendance qui séduit par sa facilité, mais qui alarme aussi les enseignants. « Certains ne comprennent plus leurs propres réponses ! », s’indigne un censeur de lycée à Yaoundé. Derrière cette révolution numérique se cache une vraie question : l’IA aide-t-elle à apprendre ou pousse-t-elle à tricher ?

🤖 L’IA à l’école : entre curiosité et excès

Steve, élève de Terminale au Lycée Général Leclerc, a découvert ChatGPT grâce à son frère étudiant. « Je lui pose mes questions, il me donne des réponses claires et rapides », explique-t-il, le regard confiant. Comme lui, des centaines d’élèves camerounais utilisent désormais cette technologie pour gagner du temps ou éviter les devoirs difficiles.

Mais du côté des enseignants, le ton change.

« L’IA est un outil formidable, mais elle devient un piège quand l’élève s’y perd », avertit Guy Njabo Seuko, censeur au Lycée bilingue d’Essos.

Le thème de l’année scolaire 2025-2026, consacré à la sécurité et à l’apprentissage à l’ère de l’IA, illustre bien l’enjeu. Pour les éducateurs, la frontière entre aide intelligente et paresse numérique devient floue.

📚 Un défi éducatif majeur pour le Cameroun

Si les enseignants reconnaissent l’utilité de l’IA, beaucoup dénoncent son mauvais usage.

« Certains élèves recopient tout sans comprendre. D’autres trichent carrément pendant les devoirs », témoigne Paulin Noah Ndziedje, enseignant à Yaoundé.

L’IA corrige, rédige, traduit et résout les problèmes à la vitesse de l’éclair. Mais elle ne remplace pas la compréhension humaine.

« L’enfant doit savoir réfléchir, pas seulement copier », poursuit-il.

Dans des matières comme les mathématiques, l’IA peut livrer la bonne réponse sans expliquer le raisonnement. Résultat : les notes montent, mais les compétences réelles stagnent.
Les autorités éducatives appellent donc à un encadrement pédagogique clair. Le ministère de l’Éducation nationale envisage même d’intégrer des cours d’utilisation responsable de l’IA dès 2026, à l’image de ce qui se fait déjà en Europe.

💡 Vers une éducation numérique maîtrisée ?

Les établissements scolaires de Douala, Yaoundé et Bafoussam expérimentent déjà des plateformes mixtes : IA + encadrement humain.
Des clubs d’informatique initient les élèves à l’analyse critique des réponses automatiques.

« Même si l’IA aide, l’élève doit comprendre le cheminement », insiste Guy Njabo.

Car l’enjeu est double : former des élèves autonomes et préparer un futur numérique maîtrisé. Si le Cameroun parvient à canaliser cette vague technologique, il pourrait transformer une menace en opportunité pour l’éducation de demain.

L’intelligence artificielle n’est pas l’ennemie de l’école, mais un miroir de ses limites. Elle pousse à repenser la pédagogie, la créativité et la responsabilité. Et si, au lieu de la craindre, on apprenait enfin à l’apprivoiser intelligemment ?



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