Les arnaques en ligne explosent au Cameroun. En 2025, les réseaux sociaux, les appels téléphoniques et les faux profils sont devenus les armes préférées des escrocs. Chaque semaine, des dizaines de victimes se font piéger, perdant parfois leurs économies entières. « Ils te parlent comme des proches, tu leur fais confiance, et le piège se referme », confie Albertine, victime d’un faux recruteur à Douala. Alors, comment repérer ces arnaques avant qu’il ne soit trop tard ?
💻 Des arnaques de plus en plus sophistiquées
L’arnaque téléphonique et numérique connaît une véritable recrudescence à Yaoundé, Douala et Garoua. Les escrocs se font passer pour des agents de banque, des entreprises de livraison, ou même des proches en détresse.
« On t’appelle pour te dire qu’un colis est bloqué, ou qu’un parent a eu un accident, et il faut envoyer de l’argent immédiatement », raconte Wilfried N., victime à Yaoundé.
D’autres utilisent les réseaux sociaux pour monter des stratagèmes plus subtils : promesses d’emploi, fausses loteries, ou encore ventes en ligne fictives. Leurs cibles ? Les jeunes connectés et les familles peu informées.
Selon les autorités, le phénomène prend de l’ampleur, notamment depuis la généralisation du paiement mobile. Les escrocs exploitent la confiance du public dans les applications de transfert d’argent comme Mobile Money ou Orange Money.
⚠️ Les arnaques sentimentales et familiales
Parmi les cas les plus fréquents figure l’arnaque amoureuse, qui touche de nombreuses Camerounaises.
« Il disait être un militaire basé à Bamenda, il m’a demandé de l’aider à recevoir un colis », raconte Clarisse T., encore bouleversée.
Ces fraudeurs jouent sur la psychologie et la solitude de leurs victimes, promettant mariage ou soutien affectif avant de disparaître.
Des familles entières se retrouvent complices sans le savoir, lorsqu’un proche reçoit de l’argent d’une arnaque sans comprendre son origine.
Les emplois fictifs sont un autre terrain fertile : de fausses agences promettent des postes dans des ONG ou des multinationales, moyennant des “frais de dossier”.
« J’ai payé 25 000 F pour un entretien à Douala, et le numéro a été coupé juste après », témoigne Patrick E., étudiant à l’Université de Yaoundé II.
🧠 L’arme la plus puissante : l’information
Pour Sylvestre Ngo’o, sociologue, « l’ignorance est la principale faiblesse ». Il appelle à une campagne nationale d’éducation numérique dans les écoles et les médias.
« L’information est un bouclier anti-arnaque. Quand tu connais leurs méthodes, tu ne tombes plus dans le piège », explique-t-il.
Les autorités camerounaises, via la Délégation générale à la Sûreté nationale (DGSN), encouragent la population à signaler les arnaques au plus vite. Des plateformes comme le Centre national de cybersécurité (CIRT-CM) enregistrent déjà des centaines de plaintes mensuelles.
🕵️♀️ Comment se protéger efficacement ?
Quelques réflexes simples permettent d’éviter les pièges :
- Ne jamais envoyer d’argent à un inconnu, même en cas d’urgence ;
- Vérifier les numéros et adresses avant toute transaction ;
- Ne pas partager ses codes bancaires ou OTP ;
- Toujours se méfier des messages trop beaux pour être vrais.
« Un escroc joue toujours sur l’émotion : peur, pitié ou espoir de gain rapide. Le vrai réflexe, c’est de vérifier avant d’agir », résume un officier de police à Douala.
Face à l’explosion des arnaques numériques, la vigilance reste l’arme la plus sûre. Chaque Camerounais connecté doit devenir son propre bouclier, car dans ce nouveau Far West digital, la naïveté coûte cher.
Et vous, seriez-vous capable de repérer une arnaque avant de cliquer ?



