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Cameroun : Paul Biya vers une nouvelle victoire


Sauf tremblement de terre politique, tout indique que Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, s’achemine vers une nouvelle victoire électorale à l’issue du scrutin présidentiel du 12 octobre 2025.
Alors que ses partisans multiplient les célébrations anticipées, les voix critiques de l’opposition évoquent déjà une élection “verrouillée” et un système “maîtrisé de bout en bout”.

« Le consensus républicain se maintient autour du président Biya », résume un analyste politique à Yaoundé. Mais jusqu’à quand ce modèle tiendra-t-il face à une jeunesse de plus en plus exigeante ?

🗳️ Un scrutin maîtrisé, entre continuité et fatigue politique

Selon plusieurs observateurs, la journée électorale s’est déroulée sans incident majeur dans les dix régions du pays.
Les équipes du RDPC, redoutablement rodées, ont supervisé la logistique jusqu’au moindre détail, confirmant une machine électorale bien huilée.

Du côté de l’opposition, la dispersion reste le talon d’Achille : aucune coalition unie n’a vu le jour malgré les appels au front commun.
Pendant que certains candidats tentaient de mobiliser dans les quartiers populaires, le camp présidentiel consolidait méthodiquement ses bastions traditionnels.

« Le peuple camerounais a choisi la stabilité », a martelé un cadre du RDPC, saluant la “sagesse” d’un électorat “fidèle à l’expérience et à la paix”.

Mais dans les rues de Douala et de Yaoundé, la lassitude est palpable : de nombreux jeunes, désabusés, parlent d’un scrutin joué d’avance.

⚖️ Un consensus sous tension

Les analystes politiques s’accordent : la victoire de Paul Biya semble assurée, mais elle se fait dans un climat où la fatigue du pouvoir et la soif de renouveau coexistent.

« On ne peut pas éternellement gouverner par le statu quo », estime Jean-François Chanbon, observateur politique, pour qui le Cameroun entre dans une zone “post-légitimité”.

Le Conseil constitutionnel devrait proclamer les résultats dans les prochains jours, après centralisation des procès-verbaux.
Pour les partisans du chef de l’État, cette réélection est un gage de stabilité. Pour ses détracteurs, c’est une preuve d’immobilisme politique.

La question n’est plus de savoir qui a gagné, mais ce que cette victoire changera vraiment pour un pays où le pouvoir, depuis quatre décennies, reste indissociable du nom de Paul Biya.

Alors que le pays attend les résultats officiels, le Cameroun retient son souffle entre résignation et espoir.

“Le président Biya sera proclamé vainqueur, c’est presque une formalité”, confie un militant à Bafoussam.
Mais pour beaucoup, la vraie bataille commence : celle de l’alternance, de la relève et du renouvellement des idées.



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