Les services de renseignements camerounais ont transmis en juillet deux rapports confidentiels alarmants au président Paul Biya. Ces documents secrets révèlent les inquiétudes majeures concernant la présidentielle du 12 octobre 2025. Les projections internes prédisent même une possible défaite électorale en cas de coalition opposition. Une fuite qui ébranle les certitudes du pouvoir.
Coup d’État politique redouté au sein du RDPC
Le premier rapport confidentiel du 4 juillet 2025 sonne l’alarme sur un « coup d’État politique » interne. Les services pointent les accusations de Léon Théiller Onana contestant la légitimité de Paul Biya comme candidat du RDPC.
«Le dernier congrès du parti date de septembre 2011 et les mandats ont pris fin en septembre 2016», rappelle le document estampillé « urgent ». La prorogation tardive en novembre 2016 rend ces mandats « juridiquement invalides » selon les renseignements.
Les auteurs soupçonnent une manœuvre orchestrée. «Des camarades susceptibles d’être interpellés par le Tribunal criminel spécial ont mis tout en œuvre pour empêcher votre candidature», alertent-ils Paul Biya.
Une solution alternative emerge : présenter le président comme « candidat du peuple » avec 300 signatures, contournant ainsi les problèmes statutaires du RDPC.
Projections électorales défavorables inquiètent le pouvoir
Le second rapport du 14 juillet livre une simulation électorale troublante. Sur 8,1 millions d’électeurs prévus, les calculs internes projettent un équilibre précaire : 50% contre 50% entre pouvoir et opposition.
La rupture avec les alliés traditionnels coûterait 500 000 voix au RDPC. Les mécontentements internes représentent 225 000 voix supplémentaires perdues.
Pire encore, les projections finales donnent l’opposition coalisée victorieuse avec 3 807 500 voix contre 2 667 500 pour le camp présidentiel. «Il apparaît clairement que tout devra se jouer pendant la campagne électorale», concluent les analystes.
Les recommandations sont explicites : valider la candidature de Maurice Kamto pour « disperser les voix de l’opposition ». Une stratégie de division assumée pour préserver le pouvoir en place.
Ces révélations exposent les fragilités du système électoral camerounais et les calculs politiques souterrains. L’éviction finale de Kamto change-t-elle la donne pour octobre ?
Ces fuites traduisent-elles des divisions profondes au sommet de l’État ?



