Mené par son coordonnateur, président du Haut conseil des Camerounais de l’extérieur, le Dr Samuel DOGMO, le Collectif Diaspora Médicale a donné un point de presse en visioconférence, hier, ce jeudi 14 août 2025.
Le Collectif dénonce notamment :
« Depuis plusieurs mois, l’Ordre National des Médecins du Cameroun (ONMC) a engagé une offensive sans précédent contre les praticiens camerounais de la diaspora. Cette hostilité se traduit par des campagnes de dénigrement systématiques, des obstacles administratifs délibérément instaurés et des menaces voilées visant à décourager, voire à criminaliser, toute initiative de coopération ou de transfert de compétences vers le pays.
Cette attitude trouve sa source dans un conflit d’intérêts profond : certains dirigeants de l’ONMC, eux-mêmes propriétaires de cliniques privées – y compris des médecins fonctionnaires en violation manifeste de la loi – perçoivent l’engagement désintéressé de la diaspora comme une menace pour leurs intérêts économiques personnels, plutôt que comme une opportunité pour améliorer l’accès aux soins et renforcer le système de santé national.
Dans ce contexte, plusieurs médecins de la diaspora ont déjà été victimes de décisions arbitraires d’exclusion de l’Ordre, d’ordres de cessation d’exercice, et même de fermetures punitives de cliniques, assorties de sanctions financières lourdes. Plus grave encore, l’ONMC a franchi un seuil inacceptable en orchestrant une campagne médiatique visant à ternir l’honneur et la réputation de ces praticiens, allant jusqu’à publier leurs noms dans la presse pour les jeter à la vindicte populaire, au mépris des principes d’éthique, de respect et de justice.
Ces agissements ne relèvent pas d’une simple divergence de vues : ils constituent un frein direct au transfert de compétences, à l’amélioration du système de santé, et à l’accès équitable des populations camerounaises à des soins de qualité.
Ces attaques vont à l’encontre :
- des orientations claires du Président de la République invitant la diaspora à contribuer activement au développement socio-économique et sanitaire du Cameroun ;
- des besoins urgents en ressources humaines qualifiées et en technologies sanitaires adéquates (plateau technique) pour renforcer un système de santé sous pression et réduire la nécessité des évacuations sanitaires coûteuses et souvent inadéquates;
- et des engagements internationaux du Cameroun en matière de mobilité des compétences et de coopération sanitaire. Un engagement patriotique mis en danger
La diaspora médicale camerounaise apporte, depuis des années, un appui concret au pays à travers :
- des missions humanitaires gratuites dans les zones enclavées ;
- la formation continue de médecins et personnels de santé locaux ;
- la facilitation de dons d’équipements et de plateaux techniques modernes ;
- le montage de projets innovants pour améliorer la prise en charge des patients.
- la collaboration avec le Ministère de la santé à travers par exemple le projet « Diaspora Santé » qui est en cours et qui inclut aussi le Ministère des relations extérieures. Un appel solennel aux autorités et à l’opinion publique
Face à cette situation alarmante, le Collectif de la Diaspora Médicale Camerounaise appuyé par son collège d’avocats:
- Dénonce fermement toute forme d’intimidation, de stigmatisation ou d’obstruction systématique à la coopération médicale.
- Exige un dialogue transparent, constructif et respectueux entre l’ONMC, les autorités sanitaires et la diaspora médicale, dans l’intérêt supérieur du patient camerounais.
- Invite les autorités publiques à rappeler aux ordres professionnels leur rôle premier : protéger les patients et accompagner les praticiens, et non entraver l’accès aux soins.
- Invite les autorités camerounaises à mettre un terme à ces pratiques discriminatoires et à rétablir un climat de confiance et de respect mutuel.
- Appelle la presse nationale et internationale à se saisir de ce dossier, car il en va de l’image du Cameroun comme terre d’accueil de ses propres compétences. Invite les médias à relayer fidèlement cette réalité, afin que l’opinion publique soit informée de l’ampleur des entraves opposées à la contribution de la diaspora au développement sanitaire du Cameroun.
- Les organisations internationales et associations professionnelles à observer et dénoncer publiquement ces atteintes aux droits fondamentaux et à la dignité des praticiens. »
C’est ainsi que pour éclairer l’opinion publique et apporter des preuves tangibles des faits évoqués, le Collectif Diaspora Médicale a tenu un point de presse virtuel ce jeudi 14 août 2025 à 20h (heure du Cameroun), en présence de médecins, de juristes, de représentants de la société civile et de la presse nationale et internationale.
Le Collectif Diaspora Médicale camerounaise réaffirme ainsi « son engagement à soutenir, par ses compétences, ses ressources et ses innovations, l’amélioration du système de santé national. Mais elle refuse catégoriquement de se laisser intimider ou réduire au silence par des pratiques qui relèvent davantage de la protection d’intérêts privés que de la défense de la santé publique« .
De son côté, l’Ordre National des Médecins du Cameroun fait savoir que leurs confrères médecins de la diaspora ne veulent pas se plier à la réglementation en vigueur pour ce qui est de l’exercice de la médecine en clientèle privée au Cameroun. Plus exactement, l’ONMC reproche à la Diaspora Médicale de vouloir ouvrir des cliniques au Cameroun, sans les faire diriger par des médecins inscrits au tableau de lOrdre National des Médecins du Cameroun, alors qu’ils appartiennent aux Ordres de médecins de leurs pays d’accueil. En clair, l’ONMC fait savoir qu’il est interdit d’exercer au Cameroun tout en appartenant à un autre Ordre de médecins, parce que , argue-t-on du côté de Yaoundé, » le médecin doit être proche de son patient, et qu’on ne saurait donc vivre soi-même en Europe, au Canada, aux États-Unis, et ouvrir une clinique au Cameroun dont on sera responsable ». L’ONMC se défend ainsi en disant que d’aucune façon, il ne travaille dans l’optique d’empêcher les médecins de la diaspora camerounaise d’ouvrir des unités médicales au pays, mais leur demande de se conformer à la réglementation en vigueur.