Vision 4 sanctionnée, journaliste suspendu


Le Conseil national de la Communication a tranché. Réuni hier à Yaoundé pour sa 51e session ordinaire, le CNC a suspendu pour trois mois le journaliste Martial Owona Thadee, de la chaîne Vision 4, jugé coupable d’un reportage jugé non déontologique. Le directeur général des médias de la chaîne écope, lui, d’un simple avertissement. Le tout sur fond d’alerte générale contre la désinformation qui gagne du terrain sur les réseaux sociaux.

Un reportage qui porte atteinte à la dignité

Tout part d’une édition du journal de 20 heures, diffusée le 02 juin 2026. Le reportage de Martial Owona Thadee véhiculait des propos jugés attentatoires à la dignité de Maître Félicité Esther Zeifman. Franchement, le genre d’affaire qui rappelle qu’un micro tendu n’excuse pas tout.

Le journaliste et son directeur général ont reconnu les faits. Ils ont aussi reconnu le caractère non déontologique du reportage en question. Sur la base de ces aveux, considérés comme une circonstance aggravante par le CNC, l’organe a décidé de suspendre Owona Thadee pour une durée de trois mois.

Le président du CNC, Joseph Chebongkeng Kalabubsu, n’a pas mâché ses mots sur le climat général de l’information au Cameroun. « La recrudescence du discours de haine, de la désinformation et de la désinformation altère l’authenticité des faits, décrédibilise le travail journalistique et compromet le vivre-ensemble », a-t-il déclaré devant le Conseil.

La désinformation, sujet numéro un

Ce dossier n’était qu’un point parmi d’autres. Le CNC a surtout profité de cette session pour tirer la sonnette d’alarme sur la propagation virale de fausses informations sur les plateformes numériques. Des individus se cachent derrière leurs téléphones, s’autoproclament lanceurs d’alertes, et balancent des contenus qui sèment le doute ou incitent à la haine.

Le CNC appelle les professionnels des médias et l’ensemble des citoyens à une vigilance collective. Le public est invité à dénoncer ces dérives. On attendait mieux, quand même, sur la capacité de l’institution à agir en amont plutôt qu’à sanctionner après coup.

C’est un rappel utile dans un paysage médiatique où la course au clic prime trop souvent sur la vérification des faits.

Alain-Claude Ndom

Alain-Claude Ndom

Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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