Infrastructures de transport : le Cameroun recherche des prestataires pour fournir 100 MW d’électricité au Tchad


(Investir au Cameroun) – La Société nationale de transport de l’électricité (Sonatrel) a lancé le 17 août 2026, deux appels d’offres internationaux pour la conception, la fourniture, le montage et la mise en service des lignes haute tension de 225 KV et des postes de transformation, entre la région de l’Adamaoua (localité de Wouro-Soua) et la région de l’Extrême-Nord (frontière avec le Tchad) du Cameroun.

Ces travaux, dont le montant de l’investissement n’a pas été révélé, seront exécutés dans le cadre de la composante 2 du Projet d’interconnexion des réseaux électriques du Tchad et du Cameroun (Pirect), piloté côté camerounais par la Sonatrel. Ce projet a pour but de permettre au Cameroun de devenir exportateur de l’électricité, en fournissant 100 MW au Tchad à partir du barrage de Nachtigal (420 MW), construit dans la région du Centre du pays.

Le premier appel d’offres porte sur la conception, la fourniture, le montage et la mise en service en deux lots, d’un linéaire total de 419,6 Km de lignes haute tension de 225 KV. Ce linéaire est de 146,4 km inférieur aux 566 Km de lignes à construire dans le cadre de cette composante du Pirect. A la coordination du projet, l’on rassure que ce gap sera comblé dans le cadre d’une prochaine phase, les contraintes budgétaires imposant de ne construire pour l’instant qu’une partie du linéaire contractuel.

34 mois pour boucler les travaux

Le second appel d’offres lancé par la Sonatrel est relatif à l’extension et la construction, en deux lots également, de postes de transformation à Wouro-Soua, dans la région de l’Adamaoua ; Garoua 2, dans le Nord ; puis Maroua et Kousseri, dans la région de l’Extrême-Nord. Les dates limites de dépôt des offres par les soumissionnaires sont fixées au 18 novembre 2026 pour ce deuxième appel d’offres, et le 19 novembre pour le premier.

Selon les documents de la Sonatrel, le délai de livraison de tous les travaux détaillés dans les deux appels d’offres est de 34 mois par lot, après la contractualisation des prestataires retenus pour l’exécution des travaux. Ce délai permet de conclure que le Pirect ne sera plus finalisé en 2027 comme annoncé le 21 novembre 2023 à Yaoundé, au cours de la cérémonie officielle de lancement du projet.

En attendant la sélection des prestataires et le démarrage effectif des travaux de la composante 2 du Pirect, les activités de la composante 1 se poursuivent sur le terrain. Débutée en mars 2025, cette première composante consiste à réaliser l’interconnexion entre le réseau interconnecté Sud (RIS), qui regroupe six régions sur les 10 que compte le Cameroun, et le réseau interconnecté Nord (RIN), qui regroupe les trois régions septentrionales du pays.

Concrètement, détaille l’unité de coordination du Pirect, il s’agit de « construire 524 km de ligne aérienne double terne de 225 KV entre Ntui (région du Centre) et Wouro Soua (région de l’Adamaoua) ; construire quatre postes de transformation dans les localités de Ntui, Yoko (Centre), Tibati (Adamaoua) et Wouro Soua ; alimenter 110 villages dans les régions du Centre et de l’Adamaoua, dans le cadre du renforcement des mesures sociales ».

557,5 milliards FCFA pour inaugurer le marché commun de l’électricité

Présenté par la Banque mondiale comme un « projet stratégique, tant pour le Cameroun que pour le Tchad », le Pirect coûtera 557,5 milliards de FCFA au total. Il est co-financé par la Banque mondiale (385 millions de dollars, soit environ 231,7 milliards de FCFA), la Banque africaine de développement (258 millions d’euros, soit 169,2 milliards de FCFA), la Banque islamique de développement (123 millions d’euros, soit 80,7 milliards de FCFA), l’Union européenne (30 millions d’euros, soit 19,7 milliards de FCFA), et les deux États bénéficiaires (93,5 millions de dollars pour le Cameroun, soit 56,2 milliards de FCFA).

Ce projet est qualifié de « tournant décisif pour l’intégration énergétique en Afrique centrale » par Gaston Eloundou Essomba, le ministre camerounais de l’Eau et de l’Énergie, dans ce sens qu’il permettra au Cameroun et au Tchad d’inaugurer le marché commun de l’électricité dans la Cemac – Cameroun, Congo, Gabon, Tchad, RCA et Guinée équatoriale – tant prôné par le Pool énergétique de l’Afrique centrale (PEAC).

S’exprimant au cours du lancement officiel de ce projet en novembre 2023 à Yaoundé, le directeur général de la Sonatrel, Victor Mbemi Nyankga, avait indiqué que l’initiative camerouno-tchadienne pourrait inspirer d’autres pays de la Cemac et même le Nigéria. En effet, ces pays pourraient à leur tour rejoindre le marché commun de l’électricité que se préparent à lancer le Cameroun et le Tchad, en se connectant aux points d’interconnexion du Pirect.

Brice R. Mbodiam

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