Discours de haine, incitation à la violence, fake news. Le Conseil National de la Communication (CNC) a choisi Bafoussam pour rappeler aux professionnels des médias de l’Ouest où se situe la ligne rouge. La rencontre s’est tenue ce mercredi 5 août à l’Hôtel Talotel, sous la conduite de la Prof. Rolande Watcho, représentante personnelle du président du CNC, Joseph Chebonkeng Kalabubse.
Une mission de sensibilisation, pas de sanction
L’équipe conduite par la Prof. Watcho comprenait aussi le Conseiller Serges Ngando Toné, en présence de Chrétien Domche, Délégué Régional de la Communication pour l’Ouest. Le thème choisi ne laisse pas de doute sur l’intention. « La responsabilité sociale du journaliste à l’épreuve du discours de haine et de l’incitation à la violence. »
Le numérique a changé la donne, et le CNC l’a rappelé sans détour. « L’espace numérique est trop souvent pollué par la prolifération des discours de haine et de stigmatisation, l’apologie de la violence et la propagation des fake news entre autres », selon les propos relayés lors de la rencontre.
Le CNC insiste. Il ne s’agit pas de brider la liberté de la presse.
C’est le message répété plusieurs fois dans des formulations légèrement différentes, comme pour être sûr que personne ne s’y trompe. « Le Conseil National de la Communication n’est pas ici pour entraver la liberté de la presse, mais pour rappeler que liberté et responsabilité sont indissociables. »
Le journaliste, « rempart » ou simple exécutant sous pression ?
Ce discours sur le journaliste « tiers de confiance garant de l’intérêt général » sonne bien sur le papier. Mais sur le terrain, entre pressions économiques et course au clic, la réalité est souvent plus compliquée que la formule officielle.
Le CNC exige la vérification systématique des sources, un traitement équilibré de l’information, et le rejet des amalgames tribaux, religieux ou politiques. Ce n’est pas nouveau, mais le rappeler à l’Ouest, deux ans après une présidentielle sous tension, n’est pas anodin.
Les professionnels des médias de la région ont d’ailleurs été félicités pour leur comportement lors de la Présidentielle d’octobre 2025. Le signal est clair, le CNC veut consolider les bons réflexes avant qu’une nouvelle échéance électorale ne vienne tester les nerfs de la profession.
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.

