BP quitte la mer du Nord et mise sur le Gabon pour ses nouveaux gisements


Le 31 juillet 2026, la major britannique BP a annoncé la mise en vente de l’intégralité de ses champs pétroliers et gaziers en mer du Nord britannique, valorisés à environ 2,6 milliards de dollars. Cette décision s’inscrit dans une vaste restructuration pilotée par la nouvelle directrice générale, Meg O’Neill, visant à réaffecter les capitaux vers des actifs mondiaux offrant de meilleures marges. « Alors que nous concentrons notre portefeuille et nos investissements sur nos opportunités à plus forte valeur, nous pensons que notre activité en mer du Nord sera mieux positionnée au sein d’une autre entreprise », a précisé la dirigeante dans un communiqué officiel.

Le retrait de la mer du Nord s’explique par le déclin de ce bassin vieillissant, une dynamique qui a déjà conduit ExxonMobil, Chevron, Shell et TotalEnergies à réduire leur exposition. Cette recherche d’opportunités à plus forte valeur éclaire d’un jour particulier l’actualité de BP dans la zone de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), précisément au Gabon. La semaine dernière, une délégation conduite par le vice-président Ariel Florès a présenté au chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema des modèles géologiques avancés développés à partir de données sismiques locales, afin de cartographier et hiérarchiser les blocs maritimes en offshore profond et ultra-profond.

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Sur le plan comptable, la cession du portefeuille amont britannique devrait amputer la production mondiale de BP de 5 %, soit environ 117 000 barils d’équivalent pétrole par jour, sur un volume global de 2,3 millions. La compagnie affirme que les liquidités dégagées permettront de financer le nouveau positionnement de la major. Pour le Gabon, l’accélération des négociations avec BP revêt un enjeu macroéconomique direct : le secteur extractif génère entre 40 et 50 % des recettes fiscales du pays et un tiers de son PIB. Alors que la loi de finances 2026 cible 1 600 milliards de FCFA de recettes pétrolières, Libreville anticipe néanmoins une baisse de 22,1 % de la contribution du secteur au budget global.

Cette stratégie marque un double tournant historique. D’une part, BP se désengage d’une zone britannique où elle opérait depuis six décennies, conservant uniquement ses activités de distribution et de trading. D’autre part, elle matérialise son retour au Gabon après douze ans d’absence, dans le sillage du protocole d’accord signé le 29 octobre 2025. Dans la perspective d’une mise en exploitation rapide de réserves nationales estimées à 3,68 milliards de barils, la major et les autorités gabonaises ont validé une feuille de route actualisée pour structurer la coordination technique préalable aux futures campagnes de forage.

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