René Sadi défend l’absence du président Paul Biya


Cinquante-huit jours d’absence, et le ministre de la Communication qui vient dire que tout va bien. René Emmanuel Sadi, porte-parole du gouvernement, a répondu le 3 août 2026 sur RFI aux accusations de vacance du pouvoir au sommet de l’Etat. Le président Paul Biya est hors du pays depuis le 7 juin dernier. Pour l’opposition, ça pose question. Pour le gouvernement, c’est réglé d’avance.

Ce que dit le ministre sur l’absence du président

René Sadi ne mâche pas ses mots quand on lui demande si le Cameroun fonctionne. « Le président Paul Biya est hors du pays, et pour ces acteurs politiques, cela suffit à établir qu’il n’y aurait plus de capitaine à bord du bateau camerounais », résume-t-il, avant de balayer l’argument.

Selon lui, la Constitution ne définit pas la vacance du pouvoir par une simple absence physique. Elle précise des conditions particulières, dit-il, sans les détailler davantage sur l’antenne. Le Conseil constitutionnel n’a d’ailleurs pas été saisi. Et tant qu’il ne se prononce pas, la vacance n’est pas établie, insiste le ministre.

Interrogé sur un retour prévisible du chef de l’Etat, René Sadi reste flou. « Je ne peux pas vous dire avec exactitude quand est-ce que le président Paul Biya revient », lâche-t-il, avant d’ajouter qu’il ne serait « pas surpris » de le voir de retour en Europe bientôt. Une réponse qui ressemble à une esquive assumée.

Un vice-président toujours pas nommé

Le chef de l’Etat avait annoncé le 31 décembre 2025 la création d’un poste de vice-président et la formation d’un nouveau gouvernement. Huit mois plus tard, rien. René Sadi reconnaît le retard, mais refuse de parler de blocage. « Le président de la République prend son temps pour apprécier l’opportunité », explique-t-il.

Sur le profil attendu, le ministre évoque un débat qui traverse l’opinion, entre francophones et anglophones, hommes et femmes, jeunes et expérimentés. Il tranche vite. Pour lui, l’expérience compte davantage que l’âge ou le genre. « Ce n’est pas dans les universités qu’on acquiert l’expérience », dit-il, « c’est sur le terrain, au contact des réalités. »

Quant à un éventuel intérim que ce vice-président pourrait exercer, René Sadi botte en touche. Non, la nomination n’a rien à voir avec une fin anticipée du mandat présidentiel, assure-t-il. Difficile de ne pas y voir une réponse préparée à l’avance, tant elle tombe vite et sans hésitation.

Sur sa propre candidature au poste, le ministre se dit à l’écart des ambitions. « Je ne m’agite pas », conclut-il, dans une formule qui sonne presque comme une pique à ceux qui, eux, s’agitent.

Christiane Tamoura Engo

Christiane Tamoura Engo

Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l’actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l’Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s’attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu’ils soient au pays ou dans la diaspora.


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